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 Songes d'un manoir tordu

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Pryde
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MessageSujet: Songes d'un manoir tordu   Sam 1 Nov - 23:42



Pryde avait longtemps marché. Sans trop se soucier de ce que pouvait bien penser son précieux fardeau, il avançait avec assurance, et bientôt il atteint les limites de la forêt. Malgré le fait incontestable qu'il soit étranger à Saint-Thomas, il semblait avoir une destination bien précise...
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent face à la faille, lumineuse, fissure flottante dans les airs. Sans l'ombre d'une hésitation, le jeune homme passa au travers, et tous deux atterirent dans un nouveau lieu, enserré par l'obscurité. Continua alors le petit voyage qui ne devait pas être confortable pour tout le monde.

C'est alors qu'apparut le manoir. Grande bâtisse aux formes pour le moins marginales, dotée de tours biscornues et d'ouvertures décorées, la demeure se trouvait au centre d'une espèce de jardin peuplé de plantes peu engageantes, certainement apparentées à quelques végétaux carnivores. Pryde poussa la porte d'entrée en bois massif, qui se referma toute seule après son passage. Deux petits êtres verts s'empressèrent de s'avancer vers lui, à l'affut de quelque demande. Ils examinèrent avec une curiosité mêlée de crainte la nouvelle bestiole qu'avait ramené le Maître. Mais ce dernier ne leur adressa ni geste ni parole, aussi, comme il descendait un escalier éclairé de torches, ils se hâtèrent de le suivre.

C'est ainsi que Rebecca put découvrir la cave. Une très grande pièce, envahie de cages de toutes tailles, dont la moitié étaient occupées par des êtres non identifiés. Pryde s'avança tranquillement, et déposa sa protégée dans une cellule de trois mètres carrés. Le sol était couvert d'une espèce de moquette rouge pelucheuse, et des coussins colorés trônaient là, comme pour combler le vide de cet espace. Il avait préparé cet endroit en prévision de l'accueil d'un humain ou d'une créature similaire, qui avait besoin de plus de place que les autres. Il referma la prison à l'aide d'une grosse clé noire. Les déipiens, cachés derrière les jambes du damoiseau, observaient avec attention la captive.


-Voilà, j'espère que ça vous plaît! Vous prenez quoi pour le petit déjeuner?
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Lun 3 Nov - 20:01

« Quelle drôle d’idée pourquoi partir ? »

Comment ça quelle drôle d’idée ! La jeune femme le regarda un moment, abasourdie. Etait il un peu fou ou simple d’esprit pour poser une question aussi idiote ? Elle voulait partir, rentrer chez elle. Elle avait froid, faim, et en avait bien plus qu’assez de cette comédie dont les personnages la dérangeait. Elle n’était pas une bête de foire, ou quelconque clown dont les enfants rient sans de rien se douter. Agacée par le fait que le jeune homme ne se poussa pas, elle tenta, bien que ce fut voué à l’échec, en raison notamment de sa petite taille, de partir en l’ignorant, de lui forcer un passage qu’il ne tenait pas à céder. Sans plus de cérémonie que si elle avait été un paquet de laine, il la prit par la taille. Rebecca poussa un cri. Il était réellement fou ! Il la souleva sans peine, et la jeune amnésique commença à se débattre, ne tenant pas à rester dans ses bras. Mais sa poigne était de fer, et non seulement elle avait été prise comme un paquet de laine, mais elle fut également transportée comme un paquet de laine.
Alors elle eut peur. Un peu qui lui glaça le sang. Elle était lasse et quand elle compris que se débattre ne servait plus à rien elle ne bougea plus, des larmes de frayeur dans les yeux.

« Est-ce que vous avez déjà un nom? »

Il dit cela sur le ton de la conversation. Comme s’il était naturel d’emporter des jeunes filles sur son épaule de cette manière ! Rebecca l’aurait foudroyé du regard si cette occasion s’était présentée. Elle ne pouvait que foudroyer la nuit noire. La colère avait remplacé la peur.
Mais ce « déjà » l’intrigua fortement. Pourquoi « déjà un nom » ? Il n’était pas naturel d’en avoir un ? Il avait été si pénible à la jeune amnésique de le retrouver, et cet homme inconnu d’elle comptait la renommer ?
Elle le frappa sans répondre. Elle y allait de toute la force de ses petits poings. Ca ne servait à rien. Pas même son pas ne ralentissait. Rien. Il semblait ne rien sentir.
Des gens passèrent. Ils lui jetèrent un regard effrayé. Ils avaient peur de lui. Et ils laissaient une demoiselle sans défense dans ses bras. Rebecca soupira et son âme scientifique pris soin d’analyser la situation. Elle plia les coudes, soutenant sa tête, prenant plaisir à enfoncer ses coudes pointus dans la chair, entre les omoplates, de son « agresseur ».
Bon.
Elle était prisonnière, probablement. Mais :
- De qui ? Car « Pryde » semblait être soit inconnu, soit malfamé à Sait Thomas.
- Pourquoi ? Oui, qu’avait elle fait pour se retrouver dans une telle situation ?
- Qu’allait il lui arriver ? C’était bien la question la plus importante : s’il demandait quelconque rançon, personne ne voudrait la payer pour une inconnue ; et s’il la torturait, s’il la violait, s’il la tuait ? Cette pensée la fit frémir.

« Il ne faut pas vous inquiéter, vous savez. Je n'ai jamais maltraité mes choses de compagnie. »

Rebecca hoqueta. Chose de compagnie ? CHOSE DE COMPAGNIE ? ELLE ? Elle était reléguée à la place d’un chien ? Une bouffée de colère la prit et elle frappa à nouveau l’homme.


« Je ne suis pas une bête ! Pour quoi vous prenez vous ? Pour quoi me prenez vous ? Lâchez moi, nom de nom, laissez moi tranquille ! »

Peine perdue, elle le sentit sourire.
Ils entraient dans la forêt.

Ce fut comme l’effet d’un somnifère. Quelque chose doucha sa colère. Elle sentit ses yeux se fermer. Sa main se crispa sur les habits de l’homme, ou plutôt de l’être. Lasse soudain, et anormalement, sa tête trop lourde se posa contre le dos de son ravisseur. Un ravissant ravisseur, d’aucuns pourraient le croire. Mais la pauvre Rebecca était bien trop lasse pour exalter le portrait de l’homme.
Une porte s’ouvrit. Elle ne pouvait le voir, mais le manoir l’écrasait par sa grandeur. Des choses vertes s’approchèrent d’elle. Des esclaves du monstre qui la serrait contre lui sans doute. Elle fit la grimace, dans un second état, l’esprit presque égaré.


« Laissez moi tranquille ».

Ce n’était qu’un murmure. Il ne l’entendit sans doute pas. Il descendit. Dans une cave. Il la laissa choir.
Enfin.
Mais ferma la porte. A clef.

C’était une prison ! Une cage !
La jeune femme bondit sur ses pieds, toute lasse qu’elle fût. Elle s’accrocha aux barreaux et au moment où elle allait parler il reprit, de sa voix tranquille, la parole.
« Voilà, j'espère que ça vous plaît! Vous prenez quoi pour le petit déjeuner ? »
Rebecca lui jeta un coup d’œil égaré.


« Vous vous moquez de moi ? Je ne suis pas un chien ! Laissez moi sortir, bon sang ! Et ça me déplaît fortement ! Qu’allait vous faire de moi ? »

A vrai dire, elle se moquait totalement du petit déjeuner. Elle n’avait pas faim. Elle regarda vaguement la cage. Elle ne voulait pas vivre dans un décor de moquette et de coussin. Elle haïssait ces décors de poupée. Elle était loin d’être comme les autres jeunes filles. Son bonheur c’était la science, pas l’oisiveté.
Inquiète, lasse de ce que quiconque aurait pu prendre pour une stupide comédie, elle répéta :


« Qu’allait vous faire de moi ? »
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Pryde
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Lun 17 Nov - 0:19

La brebis s'était plutôt bien laissée faire. Il en avait connu des moins dociles, qui avaient tenté par tous les moyens de lui lacérer le dos ou de lui arracher la tête. En même temps c'était le premier spécimen de cette espèce. Est-ce qu'ils vivaient en couple, comme les inséparables? Peut-être devrait-il aller en chercher un autre, pour ne pas qu'elle se sente trop seule? Il le lui demanderait lorsqu'elle se serait un peu calmée.

-Je sais bien que vous n'êtes pas un chien, mais quelque chose qui s'apparente à l'homo sapiens. Vous devriez éviter de vous agiter comme ça. Vous voulez un thé?

Il ne semblait pas se rendre compte de l'état de la jeune femme. C'est vrai, ils étaient tous heureux ici, n'est-ce pas? Bien logés, bien nourris, et divertis le plus possible. Pryde prenait énormément soin de ses protégés. Passer de liberté à captivité, pas de quoi en faire un drame. Elle s'habituerait.

-Mais qu'est-ce que je pourrais faire de vous? Rien, voyons. Restez là et tout ira bien! Et si vous êtes sage, je pourrais vous promener dehors, ou vous laisser jouer dans le salon.

Il eut un sourire qui se voulait rassurant, comme s'il s'adressait à un enfant. La fille sans nom ne lui avait pas répondu pour le thé, alors il décida que de toute façon cela ne pourrait pas lui faire de mal, et demanda aimablement à l'un des déipiens caché derrière sa jambe d'aller en préparer. Le lutin, ravi, s'empressa de monter les escaliers malgré les difficultés liées à sa petite taille.

Il fit quelques pas en direction d'un fauteuil pour l'approcher de la cage et pouvoir converser à sa guise avec la nouvelle venue. Il était important d'établir un bon contact pour qu'elle puisse s'adapter. Mais avant qu'il en ait eu le temps, quatre déipiens avaient saisi chacun des pieds du fauteuil, et le lui amenèrent tel un trône pour son roi. Il les remercia avant de s'asseoir.

Le dialogue était essentiel. Puisqu'elle n'était toujours pas calmée, il fallait lui montrer qu'elle n'avait rien à craindre. Pryde avait déjà pris ces précautions pour une tripotée de créatures siamoises qui ressemblaient à moitié à des singes, l'autre moitié à des crocodiles. Elles s'étaient montrées compréhensives et avaient vite compris qu'à partir du moment de leur capture, elles pourraient se la couler douce jusqu'à leurs vieux jours.


-Vous voyez, je vous laisse tranquille maintenant.

Il leva les mains, pour bien montrer qu'il n'y avait ni fouet, ni poignard, ni quoi que ce soit d'autre pour lui faire du mal. Le déipien chargé de faire du thé revint avec un plateau bien trop grand pour lui, sur lequel étaient soigneusement disposées deux tasses. Il peina à descendre toutes les marches, puis vint enfin porter le tout à son maître, se courbant avec un respect admiratif.

-Merci!

Une petite touche de rose colora les joues du lutin. Pryde reporta son attention sur Rebecca. Il lui tendit une des tasses, passant sa main au travers des barreaux. Les facultés humaines étaient grandes, il ne doutait pas qu'elle parviendrait à s'adapter au bout de quelques jours.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Ven 28 Nov - 21:14

Une cage. Carrée. Petite. Petit espace vital. Prison. PRISON. Elle regarda autour d’elle. Rien que des coussins. Comme un être en cage que l’on veut étudier. Comme les odieux scientifiques qui mettaient les souris en cage pour étudier leur comportement. Ce qu’elle n’aimait pas. Elle était la souris. Elle était en position d’infériorité. Il la regardait. Avec son sourire. Avec un sourire pareil, pas étonnant que les animaux fondent. Elle était sur le point, elle aussi, de fondre, de tout accepter. Non. Ne pas accepter. Etait-ce si étrange de hurler que l’on est différent des animaux, que l’in est humain quand on ne sait même pas qui on est ? Ce calme. Elle le gardait. Pour l’instant. Elle attendait. Sa fierté personnelle était gravement touchée par cette mise en prison. Puis il parla. Il aurait gardé le silence, elle n’aurait rien dit. Elle n’aurait rien ressentit. Elle n’aurait pas à son tour ouvert la bouche. Laz colère ne serait pas revenue.

« Je sais bien que vous n'êtes pas un chien, mais quelque chose qui s'apparente à l'homo sapiens. Vous devriez éviter de vous agiter comme ça. Vous voulez un thé ? »

Un conseil. Non un ordre. Puis, une classification. Elle était catégorisée. Dans la case « homo sapiens ». Dans une case. Comme les éléments chimiques que l’on cherche à mettre vainement dans un tableau périodique correct. Elle n’était rien d’autre que l’atome de cobalt qu’on cherche à placer. Elle était plus qu’inefficace. Puis. Tout éclata.

Tout le calme que la jeune femme avait essayé de garder pendant ce long temps s’évanouit dans l’air. La colère colora ses joues pâles. La réponse de l’homme l’avait plus que révoltée ! « Mais qu'est-ce que je pourrais faire de vous ? Rien, voyons. Restez là et tout ira bien ! Et si vous êtes sage, je pourrais vous promener dehors, ou vous laisser jouer dans le salon. » La promener ? La laisser jouer ? Pourquoi se prenait-il ? Pour qui la prenait-elle ? Elle fut tellement offusquée par cette réponse que sa colère lui serra la gorge, manqua de l’étouffer. Avec un regard digne du maître à son chien, il se voulut rassurant. RASSURANT ? Il était psychopathe ! Il était fou ! Et il lu offrait... UNE TASSE DE THE ? Mais il se moquait VRAIMENT d’elle ? Il n’avait donc pas conscience qu’elle était... HUMAINE ? Elle avait une conscience ! Elle n’était pas un animal ! Elle n’était pas un objet !
« Vous voyez, je vous laisse tranquille maintenant. »
Enfin, sa parole lui revint.


« Me laisser TRANQUILLE ? Est-ce une blague ? Une quelconque plaisanterie ? »

Elle attrapa furieusement les barreaux de la cage. D’un geste brusque, mais tout à fait calculé, elle envoya la tasse valser au loin.

« Je ne suis PAS un animal ! Je suis humaine ! Comme vous bon sang ! N’en avez-vous aucunement conscience ? »

Il leva les mains. Comme pour montrer qu’il ne comptait pas la frapper. ET PUIS QUOI ENCORE ? Il n’avait donc aucun civisme ? Il était complètement misogyne ? Xénophobe ? Mais qu’est-ce qu’il allait faire d’elle ? La laisser crever dans une cage ? La laisser s’ennuyer à mourir dans une cage sous prétexte que els autres animaux semblaient se la couler douce ?
IL ETAIT FOU !
Et ces lutins ! De vrais pantins ! Lui qui parlait, eux qui exauçaient, comme des esclaves ! Et avec le sourire !


« LAISSER MOI HORS DE CETTE CAGE ! LAISSEZ MOI VIVRE MA VIE COMME JE L’ENTENDS ! DE QUEL DROIT ME METTEZ VOUS ICI ? LAISSEZ MOI SORTIR ! JE N’AI RIEN À FAIRE ICI, RIEN À FAIRE AVEC VOUS ! LAISSEZ MOI ! JE SUIS LIBRE ! LAISSEZ MOI ! LAISSEZ MOI ! »

Dans sa colère manifeste, elle utilisait un procédé anaphorique, la répétition de « laissez moi » était assez flagrante. Elle montrait également son incompréhension quant à l’acte de Pryde. POURQUOI ? POURQUOI ? POURQUOI ?
Pourquoi était elle ici ?
Pourquoi la laissait il dans une cage ?
Pourquoi était il venu la chercher ELLE ?
Pourquoi il la considérait comme un animal ?
Pourquoi était elle si affolée de se rendre compte que sa condition n’était pas différente de celle des animaux ?
Pourquoi souffrait elle encore plus de ne pas sa voir qui elle était maintenant ?
POURQUOI ?

Ses mains s’étaient crispées sur les barreaux qu’elle agitait furieusement. Mais plus les questions la bouleversaient, plus sa colère se transformait en désespoir, plus contre elle-même que contre l’homme. Plus contre son amnésie que contre sa captivité. Mais l’un entraînait l’autre.
Elle s’écroula sur les coussins. Des larmes, résultantes d’une crise de nerfs, coulaient sur ses joues blafardes à nouveau. Ses cheveux cachaient son visage aux yeux de l’homme qui ne semblait pas en être un. Il était si étrange. Chassant ses larmes elle leva son joli petit minoit vers lui. Ses yeux étaient légèrement rougis et leur couleur mordorée en ressortait davantage.


« Je suis une scientifique. Je ne veux pas être dans une cage. Je veux découvrir, je veux apprendre, je veux expérimenter, et vous n’avez pas le droit de m’empêcher de vivre ma vie comme je l’entends. Ouvrez cette cage. Je ne vous suis d’aucune utilité, et je ne ME suis d’aucune utilité ici. Libérez moi. »

Son regard était exempt de toute larme. Sec. Glacial. Farouche. Comme si elle le défiait. Un regard qui demandait aussi des réponses à tous les « pourquoi » qu’elle se posait intérieurement, mais qui étaient largement sous entendus par sa colère.

Alors ?
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Pryde
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 13 Déc - 23:03

Elle ne voulait pas de thé. Très bien. Pas la peine de briser une tasse pour se faire comprendre. Elle avait beau clamer à qui voulait l'entendre qu'elle n'était pas un animal, lui aussi savait écouter ce qu'on lui disait d'un tant soit peu intelligible. Le jeune homme resta assis quelques instants, consterné devant la fureur dévastatrice de sa captive. Allons bon. Peut-être que l'adaptation serait un peu moins naturelle que prévu. Je suis humaine. Comme vous. A ces mots, il pencha légèrement la tête sur le côté. Et puis elle se mit à crier. Et à pleurer. Tout ce temps, il resta silencieux, à la regarder de ses yeux pourpres. Non plus comme il l'avait fait auparavant, en analysant ses faits et gestes tels ceux d'un cobaye; mais d'une façon rêveuse qui laissait penser qu'il se trouvait dans une réalité autre, à bien des kilomètres de là. Il ne l'entendait plus. Ses jérémiades revenaient à écouter inlassablement les mêmes jappements d'un chien désagréable.

Pryde semblait avoir changé d'humeur. Son sourire s'était effacé comme un nuage noir vient étouffer le soleil lors d'une timide matinée d'hiver. Il se leva, repoussa négligemment son fauteuil, et dit d'un ton calme qui avait quelque chose d'inquiétant:


-Je ne suis pas comme vous.

Les déipiens saisirent instantanément les dispositions du maître, et s'en allèrent préparer les veilleuses qui serviraient de lumière aux bêtes pour la nuit. On aurait pu croire qu'il tentait de se convaincre de sa supériorité, comme un psychopathe fragile voulant à tout prix prouver sa différence en rabaissant ses semblables. Mais la vérité, aussi étrange fut-elle, était simple: pas besoin de chercher très loin pour se rendre compte que mis à part les apparences, Pryde n'avait rien d'humain. Sa façon de raisonner échappait totalement à une misérable homo sapiens comme elle. Après un regard inexpressif, il se dirigea vers l'escalier.

-Vous m'appellerez quand vous serez mieux disposée. Bonne nuit.

Les petits serviteurs, après avoir vérifié toutes les cages, s'attelèrent à la remise en place du fauteuil. L'un d'entre eux examina rapidement Rebecca de haut en bas. Bien, bien. Trop faible pour tenter quoi que ce soit. Sûrement pas assez de volonté pour essayer de se suicider en avalant un des coussins. Ou quelque chose d'aussi original. Le Maître serait déçu s'il venait à perdre cette nouvelle trouvaille. Le Maître aimait les nouvelles trouvailles. Le Maître voudrait probablement s'amuser avec lorsqu'elle serait adoucie.

Pryde n'attendait pas de réponse, et quitterait la pièce une fois toutes les vérifications terminées. Humaine ou pas, elle n'était plus que sa chose à présent.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 20 Déc - 21:29

Il était obtu, têtu, ferme dans ses positions. Il la regardait d'un air inexpressif. Comme s'il méprisait sa colère et sa juste et légitime envie de liberté. Il se moquait totalement de ce qu'elle pouvait ressentir. Rebecca ne supportait pas l'idée d'être enfermée. D'être un objet d'amusement. Mais elle ouvrit de grands yeux quand il lui dit qu'il n'était pas comme elle.
Certes, il n'était pas albinos, il n'était pas amnésique, mais il était bien humain ! Non ? Il n'était pas humain ? ll est vrai que sa maière de raisonnait différait de la sienne. Il ne la considérait pas tel qu'il le devrait. Il ne la considérait pas supérieure à un être de captivité. Il se croyait supérieur. Cela sevoyait aisément dans sa manière de juger les petits êtres qui le suivaient comme son ombre. Mais elle aussi il la jugeait. Il la trouvait faible sans doute, tout le monde trouvait Rebecca faible. Une femme petite et fine ne pouvait qu'être faible. Elle serra ses petits poings. Son regard à lui était différent tout d'un coup. Il ne souriait plus, heureusement ! Cela voulait dire qu'il n'était pas si insensible que ça. Il y avait quelque chose d'inquiétant dans l'atmosphère qu'il dégageait, mais Rebecca voulait l'ignore. Elle n'avait, comme qui dirait, pas peur de lui et voulait bien le lui montrer.

"Vous m'appellerez quand vous serez mieux disposée. Bonne nuit."

Parce qu'il croyait qu'elle allait l'appeler ? Quel imbécile ! Qu'elle serait mieux disposée ? Disposée à quoi ? Lui faire la parlotte ? Il pouvait se mettre le doigt dans l'oeil, peut être verrait il mieux ! Dans les yeux furieux et mordorés de la jeune femme, se révélait son instense éflexion qui se résumit en une phrase : comment sortir de là ? S'il voulait en savoir plus sur elle, ça ne la gênait pas mais ni dans une cage ni dans quelconque prison. Elle regarda d'un air glacial un des petits lutins qui se recroquevilla alors et fuit en vitesse.
Rebecca regarda autour d'elle. Il y avait des tas d'animaux bizarroïdes. Dans des cages tout comme elle. Mais eux semblaient heureux. Elle comprenait, s'il était fou, qu'il s'étonne de son compportement. Elle n'était pas comme un animal. Elle n'était pas heureuse d'êter enfermée. Elle avait du mal à comprendre comme eux faisaient pour en être heureux. Elle n'avait même pas de feuille et d'encre pour faire des maths et éviter de s'ennuyer. Maudit soit le jour qui l'envoya dans un cimetière !
Son regard dentifia le sol. En se brisant, la tasse avait éclaté en de gros morceaux. Tendant le bras, Rebecca en attrappa un. Un bout pointu. Fin. Elle le cacha dans sa manche.
Il quitta la pièce. Un petit truc la jugea. Elle lui rendit un regard furieux. Son regard méprisant ne lui plaisait pas.
Plus personne.
Tout d'abord, elle sortit sa main et cherche des doigts la serrure. Elle était assez petite tout de même. La jeune femme essaya de faire glisser le bout de porcelaine à l'intérieur. Quel dommage qu'elle ne soit pas de ces filles qui se parent de mille barettes ! Le loquet émit le bruit caractéristique de la serrure qui s'ouvre. Elle était libre ! Rebecca se fendit d'un sourire. Elle poussa doucement la porte qui grinçait dans un son à la lugubre et énervant. Un son aigu, perçant le silence. Aucun des animaux n'émit un hurlement. Elle sentait cependant leur regard accusateur. Un regard qui la glaçait. Elle errait à tâton dans la pièce. Voulant partir, voulant fuir.

"Pourquoi veux tu fuir ?"

La jeune femme sursauta. Qui avait parlé ? C'était une voix rauque qu'elle n'avait pas entendu depuis le début de sa courte captivité. Un voix qui s'exprimait avec difficulté. Rebecca réprima un frisson.


"Qui a parlé ?
- Moi.
- Voilà qui est très... explicite !
- Je ne crois pas que les humains m'aient donné un nom. Je suis comme qui dirait un bête non identifiée !"
Sa déclaration fut suivie d'un rire. Une bête non identifiée ? Donc... que les humains ne connaissent pas ? Une bête... Rebecca frissonna : Pryde modifiait les animaux réels ? Leur faisait il subir des expériences ? Magiques ou purement scientifiques ? Cet homme allait il la bidouiller ou quoi que ce soit de similaire ? C'était ça ! Il voulait la... elle servait de cobbaye ! Une fureur envahit la jeune femme. Il croyait qu'elle allait se laisser faire ? Quel ignorant !

"Les bêtes ne parlent pas.
- Ca c'est ce que tu crois.
- c'est la vérité ! Elles ont leur langage, les humains, qui pourraient être considérés come une bête parmi d'autres, ont le leur. Ca n'est pas vrai : tu ne parles pas ma langue. Donc tu es le fruit de mon imagination."
La bête se tut. Plus rien de troubla le silence. Rebecca s'approchait.
"Ne pars pas petite, dehors, c'est pire encore. Perosnne ne te croira quand tu diras qu'un fou habite ce manoir, personne, car personne ne verra ce manoir. As tu seulement vérifié que ce manoir existait ? "
La jeune femme pâlit. Pourquoi cette voix lui parlait encore ? Pourquoi s'imaginait elle des trucs pareils ? C'était absurde ! Et elle était une scientifique ! Son esprit qu'elle avait rpis soin de former très terre à terre semblait malade à ce jour.
"C'est marrant tu n'avances plus. Tu peux retourner dans ta cage, il est encore temps."
C'était de la magie qui lui faisait penser de tels mots ! Penser, entendre ! Ce Pryde maniait la magie maléfique et voulait la faire retourner dans sa cage ! Le démon ! Sa réponse était "JAMAIS" !
La jeune femme avança encore. Un porte s'opposa à sa progression. Elle tendit la main vers la poignée. Elle était brûlante. Rebecca retira sa main brusquement. Quel démon ! Se mordant la lèvre, elle retenta d'ouvrir la porte. Vite, la brûlure de laisserait pas trop de marque. La porte s'ouvrit, la douleur crispa le visage de la jeune femme. Elle se glissa dans la pièce suivante. D'après ses vagues souvenirs, l'entrée devait être par... là ? ou peut être.... par là ?Rebecca pâlit. Tout semblait si différent avec une lumière si pâle ! Il n'y avait qu'une faible bougie. Elle semblait l'attendre. Décidément, ce manoir était drôlement étrange. Elle prit la bougie. Prit le chemin qui lui semblait le plus proche de ses souvenirs. Elle avança. Avança.
Un certain temps passa.
Elle était toujours dans le manoir. Elle se sentait perdue. Des escaliers se présentèrent à elle. Il n'étaient pas là tantôt. A moins que la plupart des pièces du manoir ne se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Lasse de chercher, découragée, rebecca commença à monter le marches.
Changement de décor.
Les pièces de l'étage étaient très différentes.

*Pourquoi suis-je montée ? La sortie doit être vers le bas.*
Elle s'apprêtait à faire demi tour.
Commença à descendre les marches.
Tomba.
L'esprit de la jeune femme mit du temps à comprendre cette réalité. Elle tombait. Là où il y avait des marches avant. De la magie ! Maintenant, allait elle mourir ? Déjà n'était-ce pas étrange d'avoir le temps de penser à tout ça le temps d'une chute ? Chutait elle vraiment ?
Ses yeux se fermèrent.

Fermez les rideaux.
Fin du premier acte.

Ce fut le souffle glacial du vent qui la réveilla. Elle avait froid. Très froid. Ses souvenirs concernant la veille étaient flous. Elle avait froid. Elle était assise sur une marche. Dehors. Mais elle avait froid. Le manoir la dominait de toute sa bizarre splendeur. Il semblait sourire de son hésitation. Il y a peu de temps encore -mais combien de temps ? - elle aurait fui, heureuse de voir l'air. Mais maintenant, la seule chose qu'elle ressentait était le froid. Elle avait froid. Des larmes coulèrent sur sa joue. Elle avait froid. Elle était perdue. IL l'avait perdue. Elle referma ses yeux mordorés embués de larmes. Posa sa tête contre la pierre. Elle avait froid, mais était heureuse de ne plus être en cage.

Une main se posa sur son épaule. Son réflexe ? Un murmure.
"Ne me mettez plus en cage."
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Dim 4 Jan - 12:26

Parce que le manoir sentait. Les présences et les mouvements l'agitaient, lui rendaient vie, et ainsi se nourrissait-t'il de la chaleur des prisonniers du sous-sol. Il aimait à les savoir au chaud, en son sein, en sécurité, alors que des centaines de bêtes mourraient chaque jour dans la forêt impitoyable. Ils étaient ses enfants, ses bébés, et il les choyait avec autant d'affection que peuvent le faire de vieux murs. Et puis il y avait Pryde. Ce descendant des dalhiegans, dont il gardait certains traits caractéristiques notamment au niveau du caractère, mais qui avait reçu un esprit plus libre et sauvage. Dès leur première rencontre, il s'étaient entendus, le manoir lui avait ouvert ses portes et l'avait adopté. Il avait quelque chose de respectueux et d'apaisant dont les anciens propriétaires étaient dénués. Souvent, dans la soirée, ils conversaient; Pryde contait ses aventures de la journée, et son hôte l'informait des comportements de ses créatures et des déipiens, exemplaires, faisant de leur mieux pour leur maître. Il était amusant quelquefois de parler avec ces petits êtres verts, dont les pensées s'apparentaient à celles des enfants.

Ce soir, il commençait à être tard. L'hirondelle avait fui sa cage, et la poignée brûlante n'avait pas réussi à la retenir. Ce n'était pas Pryde qui avait fait cela, trop soucieux du bien-être de ses bêtes pour les abîmer stupidement. Non, le manoir avait prit cette initiative lui-même. Et puis il voulait la perdre. La faire courir. Danser dans ses pièces tantôt claires à la lumière de la lune, tantôt plus sombres que la sylve maléfique. Virevolter dans les escaliers et les couloirs, jusqu'à y perdre la raison, ou bien désirer rentrer sagement dans sa cage...
Laisse la sortir. Une main contre la pierre froide, Pryde écoutait les battements effrénés du coeur de sa nouvelle trouvaille. Il était un peu triste qu'elle ne veuille pas du bonheur qu'il lui proposait. Le manoir l'avait averti d'une souris blanche qui se faufilait et essayait de s'enfuir, et lui avait suivi sa course, calmement, depuis un couloir près de sa chambre quelques étages plus haut. Il eut un soupir, et alla chercher une couverture dans une de ses armoires de bois ouvragé.

Quelques instants plus tard, le jeune homme poussait la porte d'entrée de sa demeure, pour trouver l'oiseau assis sur les marches du perron. Pas envolé si loin. Peut-être qu'elle voulait juste une cage à l'air libre? Mais alors qu'il posait une main sur son épaule, avant de les couvrir du plaid, sa petite voix se fit entendre. Il resta un moment immobile, debout derrière elle, à fixer l'herbe d'un air déçu. Et il finit par s'asseoir à côté.

Ce jour là, sa peau n'était couverte que par de fins vêtements noir. La cape avait été oubliée négligemment dans un coin. Mais il n'avait pas froid, car il brûlait de l'intérieur... Ses pensées s'égarèrent. Tant de résistance... Il repoussa une mèche de cheveux noirs qui lui tombait devant les yeux. Au loin; dans les buissons, quelque chose se mit à remuer.


-Dites moi votre nom.

Elle en avait un, c'était certain. Les humains aimaient à se trouver ce genre de choses, pour se reconnaître, quand bien même ils se ressemblaient tous. Mais son humaine à lui, cette nymphe blanche combative, avait peut-être quelque chose de plus. Elle continuait encore à essayer de s'enfuir, à s'accrocher à un monde barbare, où les hommes aimaient à se brûler entre eux, à faire couler le sang et à s'oublier dans l'alcool. A mener grand train tandis que d'autres se tuaient au travail. A transpercer les coeurs au nom de dieux invisibles.

-Qu'y a-t'il de si attirant, au dehors?

Pourquoi ne veux-tu pas rester dans ta cage et être heureuse, simplement? Son regard cramoisi se perdait dans la forêt noire, à une trentaine de mètres devant eux, à la limite du jardin. Il n'était pas vraiment entretenu, et les fleurs poussaient comme leur en prenait l'envie, d'une manière fantaisiste qui laissait un charme sauvage à l'endroit.
Il aurait voulu qu'elle reste, qu'elle se sente bien auprès de lui et des autres choses. Cette fois, il n'avait rien fait pour la retenir. Mais la forêt, grouillante de prédateurs comme une jungle cruelle, se chargerait de sa fin si elle osait trop s'y promener.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Jeu 8 Jan - 15:00


Quand la porte du manoir s'ouvrit, la jeune femme regardait la forêt. Une forêt inquiétante, qui la faisait frissonner, une forêt ténébreuse qui lui promettait un avenir inquiétant si elle s'y aventurait. Donc, dans tous les cas, elle était prisonnière. Elle l'avait compris, c'était simple. Elle était dans une immense prison dont elle ne pouvait sortir. Mais elle n'avait pas sincèrement envie d'en sortir à proprement parler. Etrangement, elle savait qu'elle aurait été terriblement gênée de partir sans savoir qui était vraiment Pryde. Ce devait être l’œuvre de son esprit scientifique sans doute. Qui était-il et pour quelle raison aussi sotte que grenue pouvait il enfermer des animaux en des cages ? Des animaux étranges, voire inconnus ? Pourquoi habitait il dans un endroit aussi étrange ? Bien que cela, sans aucun doute, correspondit parfaitement au personnage, le manoir intriguait sérieusement Rebecca. Un manoir tordu dans une forêt menaçante avec un bonhomme bizarre qui enfermait dans des cages des animaux tout aussi bizarres. Vraiment, la vie réservait bien des surprises ! Rebecca passa la main sur son visage fatigué. Elle n’en pouvait plus de ce cauchemard. Elle voulait comprendre.
Pryde posa sa main sur son épaule. Elle lui murmura de ne pas la remettre en cage. Elle ne sut pas s’il l’avait entendue. Elle sentit un plaid tomber sur ses épaules. Son esprit aurait pu avoir un sourire de contentement. Le froid la traumatisait un peu moins. Elle l’entendit s’asseoir à ses côtés. Elle tourna un peu la tête, de manière à l’apercevoir du coin de l’œil. Il se semblait pas avoir froid. Il n’était pas agité de frissons. Bien qu’il ne fût pourtant recouvert que de fins vêtements, noirs de nuit comme la veille. Un moment de silence glacial se fit entendre dans les branches enneigées des bois frissonnants. Pas de mouvement. Ce moment sembla durer une éternité. Mais toutes les éternités de ce genre ont à un instant une fin. Pryde ôta une mèche qui avait osé lui tomber dans les yeux. Le vent reprit sa course dans les buissons, les oiseaux piaillèrent à nouveau. Dans les buissons, au loin, quelque chose se mit à remuer. Mais Rebecca ne le vit pas. Elle attendait. Que celui qui voulait la faire captive rompe le silence, ce que son geste avait déjà amorcé.

« Dites moi votre nom. »



Il l’avait enfin rompu. Il devait en avoir assez de ce silence barbant. Il avait compris qu’elle n’était pas comme ses autres animaux ? Que son bonheur ne se limitait pas à l’oisiveté ? Elle était probablement la seule d’entre ses captifs à avoir eu envie de s’enfuir. De retrouver sa liberté. Quelle liberté cependant ? La forêt se chargerait de sa fin si elle s’enfuyait vraiment. De toute manière, Rebecca ne voulait pas partir. Elle ne voulait juste pas être en cage, pas être prisonnière dans ses mouvements. Rebecca eut à nouveau un frisson. Le manoir semblait être monde différent. Loi de celui des hommes, de la guerre, du mal.


« Rebecca. »

Un monde différent, loin de celui où ses souvenirs s’effaçaient. Où les flammes emplissaient son champ de vision lui ôtant son enfance, sa frêle jeunesse. Un monde peuplé d’animaux étranges, avec un être qui n’avait d’humain que la forme (bien qu’objectivement, il soit nettement plus beau que la plupart des hommes dont Rebecca avait fait la connaissance.). Mais ce monde était loin de ses recherches. De sa science, de sa logique puisque rien qu’à voir le manoir, il s’échappait à la loi de la gravité. Mais un monde qui promettait d’être intéressant tout de même. Elle ne pouvait pas fuir. La forêt était maintenant secondaire à ce choix. Trop de choses à découvrir.

« Qu'y a-t-il de si attirant, au dehors ? »

Il coupa ses pensées. Rebecca fronça légèrement ses sourcils.


« Un impression de liberté je suppose. Peut être suis-je claustrophobe. Ou simplement le désir de vous montrer que je ne suis pas comme vos autre animaux, que je suis pas heureuse dans cette oisiveté passive, et que je ne supporte pas que vous ne m’écoutiez pas quand je vous parle. Peut être une seule de ces raisons, peut être toutes à la fois, je n’en sais rien. En soi, je vous l’accorde, il n’y a rien de vraiment attirant dehors. Si j’étais chez moi, je serai au coin du feu, un livre sur les genoux, sûrement pas à regarder les fleurs percer la neige. Mais je crois n’avoir rien trouvé de mieux pour vous faire comprendre tout ça. »

Elle posa court silence.

« Mais puisque vous me posez la question, peut être avez-vous compris. »

Elle tourna la tête vers lui.

« Qu’y a-t-il de si passionnant à enfermer des animaux sans leur demander leur avis ? »

Ses mains resserrèrent le plaid autour d’elle. Le vent reprenait. Mais elle n’osait pas rentrer. Ce n’était pas chez elle après tout, et elle était polie. Puis elle ne savait pas si elle avait vraiment envie de rentrer à nouveau. Qui sait s’il n’allait pas la remettre en cage ? Rebecca espérait bien qu’il n’en ferait rien. La jeune amnésique ferma les yeux. Quand elle ne voyait pas le vent, elle avait moins froid. Son cœur battait vite. Elle l’entendait à ses tempes. Etait-ce la présence de Pryde à ses côtés ? Qui l’angoissait ? La rassurait ? Elle ne savait plus...
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Dim 1 Fév - 1:36

Parce qu'au fond de lui il savait qu'il ne pourrait l'affubler de “Croc-blanc”, “Flocon” ou tel autre sobriquet. Parce qu'il savait qu'il ne pourrait pas la modeler à son gré, pour la garder sous son emprise. Mais parce qu'il avait tout de même pensé. Les humains, si influençables... mais après tout, il ne l'aurait pas ammenée ici si elle n'avait pas été différente des autres. Tout devait donc se dérouler pour le mieux. Oui, tout devait se dérouler pour le mieux.

-C'est pour ne pas qu'ils s'enfuient. Au début, ils sont un peu réticents... et quelquefois, ils se battent entre eux. Mais ils ne sont pas tout le temps dans leurs chambres, vous savez.

Pourquoi se sentait-il si mélancolique tout à coup? Etait-ce cette ambiance nocturne, entre sa demeure et la sauvagerie d'un monde? Assis côte à côte, un homme et une femme... pardon, il n'était pas un homme. Assis côte à côte, une chose et une femme, à contempler le petit parc. Pryde ne savait pas ce qu'était le romantisme. Il n'avait pas encore eu le temps d'étudier ce genre de situation.

-Quelquefois, je les vois s'amuser dans le jardin... ils ne regardent même pas la forêt.

Encore une fois, avait-il seulement écouté ce qu'elle lui avait dit? Ne se rendait-il pas compte qu'il ne répondait pas à sa question? Ou ne voulait-il simplement pas y répondre... Son regard se détacha lentement des profondeurs de la sylve, pour se poser sur la pâle demoiselle. Il comprit que malgré la couverture, le vent assaillait sa frêle peau d'humaine. Elle était trop précieuse pour qu'il s'essaie à la réchauffer lui-même, ayant eu certaines mauvaises expériences par le passé, lorsqu'il ne contrôlait pas encore très bien son pouvoir incendiaire. Elle voulait certainement rentrer au manoir.

Le jeune homme se leva avec précautions, comme s'il avait peur d'abîmer quelque chose. Il ne tendit pas sa main à Rebecca. Il n'était pas galant, il ne comprenait pas la galanterie. Peut-être aurait-il pu tout simplement être gentil. Certaines choses n'avaient jamais été dans sa nature. Néanmoins... une des marques involontaires de gentillesse se trouvait sur les épaules de la demoiselle.


-Si vous n'êtes plus une chose de compagnie, serez-vous une invitée?

Le ton semblait indifférent. Une question comme une autre. Quelques pas et il se trouvait devant les grandes portes du manoir qui les dominait avec sa majesté extravagante. Il ne la regardait plus. Il regardait juste sa main, sur la poignée, prête à découvrir la chaleur accueillante de sa propre maison amie.
Ah, cette petite nouvelle au teint et à la chevelure si pâles apportait avec elle bien des interrogations. Non qu'il se remette en cause. Non qu'il comprenne, comme elle l'avait évoqué. Il eut un soupir inaudible. Echec, échec. Son esprit se bornait à essayer de saisir ces nuances fugitives, ces bouts de phrases insensés qui n'avaient pas de lien avec ce qu'il avait appris seul. Voilà peut-être les causes de ces bouleversements, de ce trouble qui l'empêchait de se complaire dans la solide carapace de valeurs et de vérités qu'il s'était construite. Il ne comprenait pas, n'arrivait pas à comprendre, et avait du mal à supporter cet état.
Sa curiosité et sa susceptibilité étaient en éveil. Lui qui mettait tout en oeuvre pour en apprendre plus, s'informer, étudier... l'obstacle inopiné qu'avait placé la villageoise entre lui et sa satisfaction personnelle attisait son besoin de connaissance, tout comme son envie de la garder près de lui, par amour de la difficulté. Serait-elle capable de lui apprendre encore, et, mieux, de lui faire comprendre?

Il attendait qu'elle arrive, pour la faire entrer.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Dim 15 Fév - 20:29

Rebecca poussa un profond soupir. Il n'avait probablement rien écouté de son beau discours. lle était un peu déçue parce qu'elle l'avait trouvé assez bien formulé. Tant pis. Puis il ne répondit pas vraiment à sa question. Elle n'était pas idiote - ça il semblait ne pas l'avoir tout à fait perçu- et avait parfaitement saisi l'utilité d'une cage ! Elle lui demandait juste l'intérêt qu'il portait à collectionner des animaux. Même s'il ne les jugeait pas malheureux. Cet homme ou cet être humanoïde était décidément fort étrange. S'il l'aait traitée rien moins qu'un animal, il lui offrait maintenant de quoi se couvrir. Il semblait asser d'un extrême à l'autre et la jeune amnésique ne le suivait pas toujours. Elle ne voulait plus rentrer maintenant. Cet espèce d'abruti vait réussi à attiser sa curiosité !
Elle se le reprochait presque.

Il lui proposa de rentrer chez lui. Comme une invité. Elle lui jeta un regard surpris. Mais ne répondit pas. La jeune femme se leva. Elle constata qu'il était vraiment grand pour un homme.
Ce n'est pas un homme. Elle n'arrivait décidément pas à se le mettre dans la tête ! Peut être parce qu'il semblait être à la fois mature et enfant, et qu'il était physiquement tout à fait charmant. Toutefois, elle sentait la distance qu'il entretenait entre eux. Etait-ce du mépris ? de l'indifférence ? de la curiosité ? Elle opta pour la dernière solution en lui ajoutant la supériorité qu'il ressentait inévitablement.
Elle se leva.

"Merci."

Il ouvrit la porte et entra dans le manoir [dsl si je te bouge mais sinon ça risque de stagner]. Elle le suivit sans mot dire.

Des interrogations fusaient dans son esprit. Qui était il ? pourquoi l'intéressait il ? pourquoi, aussi l'intéressait-elle ? pourquoi était il si bizarre ? pourquoi cette collection ? pourquoi ce manoir si étrange ? pourquoi l'anantissement de la science qui lui servait de religion : la logique ? pourquoi ?
Elle haïssait ce mot : "pourquoi". Il avait tendance à la narguer souvent.


"Dites, je sais que vous vous nommez Pryde, mais outre un nom, qui êtes vous ?"

Elle avait faillit dire "que êtes vous" mais avait pensé que la question serait impolie.


[dsl si c'est court, mais j'ai pas trop le temps, et faut bien que ça avance un peu tout ça non ? Rolling Eyes Razz ]
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Mar 24 Fév - 22:37

[Wi n_n et pis c'est bien hein u_u]

Le manoir ne disait plus rien. Il la sentait marcher en son sein comme l'on sent un liquide froid dans sa gorge. Il mettrait du temps avant de s'y accoutumer. Et ses yeux invisibles l'envelopperaient constamment comme si elle était une bactérie potentiellement pathogène.
De son côté, Pryde ne s'inquiétait pas. Il n'était pas dans sa nature de se faire du souci pour l'avenir, et encore moins concernant la menace d'une frêle enfant d'humains. Elle représentait plutôt une présence attrayante, un complément amusant à son quotidien solitaire.


-Qui je suis?

Prévenant envers son hôte qui malgré sa couleur étrange n'avait pas l'air noctambule, le jeune homme emprunta un couloir menant à l'une des chambres préparées. Le parquet, habillé d'un épais tapis bordeaux aux motifs entrelacés, grinçait légèrement sous leurs pas. Il prit son temps pour étudier la question posée. A vrai dire, ça n'était pas le genre d'interrogation existencielle qui l'assaillait à longueur de journée. De fait il ne savait pas très bien comment y répondre.

-Je suis moi, cela ne suffit pas?

Cela suffisait peut-être à lui-même, mais pas à Rebecca. Allons bon. Elle entendait certainement sa condition sociale, son origine, ses responsabilités. Et s'il n'avait rien de tout cela? S'il n'était qu'un être sauvage et isolé, ayant pour seule société un manoir étrange et quelques lutins?

-Chez vous, on appelle cela... un ermite, je crois.

Il n'avait pas trouvé de terme satisfaisant mais elle pourrait s'en faire une idée. Une porte en bois gravé les attendait; elle révéla une pièce sombre dans laquelle on discernait un large lit et l'encadrement penché d'une fenêtre, cette dernière ayant adopté la forme d'un fruit exotique inconnu. Il décrocha une des torches du couloir pour allumer les bûches prêtes dans la cheminée ainsi que la bougie de la table de nuit. Ces nouvelles sources de lumière révélèrent une grande armoire, un secrétaire et quelques tentures, dans un style sobre mais élégant. Les Déipiens avaient arrangé tout cela au gré de leur fantaisie; on voyait d'ailleurs, à certains endroits, de petites traces de pas dans la poussière.
Gardant la torche à la main, il s'assit sur la couverture, et s'enfonça d'une trentaine de centimètres tant le matelas était moelleux. Son regard pourpre vint plonger dans celui de son invitée.


-Et vous, qui êtes vous?
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 28 Mar - 14:36

[désolée du retard]

L'étrange jeune homme qui tantôt était son geôlier guida Rebecca dans une chambre au parquet ciré habillé d'une épais tapis aux couleurs bordeaux, et orné de motifs entrelacés qui n'étaient pas sans rappeller les motifs celtiques. Sous les pas des deux personnes, le tapis chuintait doucement comme s'ils marchaient sur une douce poudreuse ou encore du coton. Evidemment, et la jeune femme devait s'y attendre, et s'y attendait, il ne répondit pas vraiment à sa question. Elle aurait voulu qu'il lui dise qu'il n'était pas humain, qu'il était elle-ne-savait quelle créature imaginaire dotée de pouvoirs extraordinaires. Mais les contes de fées ne voulaient pas refaire surface et Pryde se contentit de répondre qu'il était lui. Même si elle s'attendait à une réponse de la sorte, Rebecca marmonna tout de même qu'elle le savait ça, et qu'elle l'avait compris à ses dépends. Puis, comprenant peut être que ce n'était pas vraiment la réponse qu'elle voulat entendre, il continua.

"Chez vous, on appelle cela... un ermite, je crois."

Rebecca se tourna vers l'être.


"Non. Vous n'êtes pas un ermite. Un ermite vit loin de toute civilisation. Et même si cela paraît étrange, votre suite de lutin consitue méthodiquement une civilisation. Particulière, mais existante. Vous n'êtes donc pas un ermite."

Elle regarda la chambre autour d'elle. Une jolie chambre. Mais très sombre. Un large lit, manifestement très moelleux y prenait la plupart de la place. Pryde s'enfonça dans le matellat avant de lui renvoyer sa propre question.
Une question à laquelle elle commença à répondre par une esquisse de sourire. Ironique envers elle même.


"J'étais scientifique avant de vous connaître. Et convaincue que la croyance n'était que facétie de l'homme et la magie tout autant. Mais... à voir ce qui m'entoure, vous compris, ça n'est plus vraiment d'actualité."

Elle fit un pause, comme perdue dans ses pensées.

"Maintenant... je ne sais plus vraiment où j'en suis."

Elle vint s'assoir à ses côtés.


"Êtes vous quelque part un scientifique ? Faisant la collection d'animaux étranges, vous les étudiez également ?.... Oui que faites vous exactement ?"
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 18 Juil - 20:27

[Moi aussi uu' - Pour la suite tu peux raconter le réveil si tu veux !]

La tête légèrement penchée sur le côté, Pryde regardait son invitée avec ce qui ressemblait à de l'attention, ou du moins un vague intérêt perdu parmi d'autres pensées plus profondes. C'était probablement le fait de ne jamais se trouver entièrement dans l'instant présent qui lui donnait l'air aussi peu concerné. Mais il s'en souciait tout de même. Il se souciait beaucoup de ses animaux de compagnie. Quand bien même ils avaient décidé de quitter leur cage.

Il trouva étrange son explication à propos des ermites, des civilisations et de ses lutins. Sa logique était certes élaborée et crédible, mais elle l'enfermait en quelque sorte dans une communauté à l'écart du monde, comme une espèce de secte. Il n'avait pas l'impression de laver le cerveau ni d'extorquer de l'argent à ses petits serviteurs. D'ailleurs, ils étaient venus tous seuls. La conclusion de la demoiselle quant à son degré d'ermitude n'obtint donc pas de commentaire. Qu'elle définisse elle-même sa nature exacte si telle était sa fantaisie...

L'index de Pryde dessinait des ronds dans la poussière, sur la couverture, quand elle vint à répondre. Son séjour dans le manoir avait visiblement défié bien des perceptions et des certitudes... Il attendit qu'elle ait fini de poser ses questions avant de dire d'un ton détaché :


-C'est amusant qu'une des seules personnes ayant l'intelligence et le sens critique de remettre en cause tout son univers se révèle avoir tort à la fin de l'histoire.

La morale à en tirer était certainement de suivre comme un gentil mouton sans trop réfléchir ; mais ces considérations ne valaient que pour le monde des humains. Il était de notoriété publique que les humains étaient un peuple peu fréquentable et relativement absurde. Cela dit, très intéressant tout de même.

-Et bien... je les observe, et je prends soin d'eux... je ne les découpe pas et je ne les épingle pas sur les murs, si c'est ce que vous appelez être un scientifique.

Il cessa de caresser la couette du bout du doigt, où figurait un cercle net dans la poussière. La science, d'après ce que lui avait appris quelqu'un dans une taverne, c'était quelque chose pour lequel il fallait dépenser beaucoup d'argent afin de payer des chercheurs qui ne trouvaient pas grand chose.
Quant à son activité...


-Je découvre le monde, dit-il d'un air rêveur.

Il resta quelques instants perdu sur une autre planète avant de se lever doucement et de se diriger vers la porte. Arrivé là, il se retourna et la regarda longuement sans qu'on eut pu lire d'expression sur son visage. Puis il sourit.

-C'est l'heure de dormir. Je vous souhaite de beaux rêves.

Il ne lui proposa pas de se promener à sa guise dans le manoir puisque celui-ci avait du mal à l'accepter. Mais elle le ferait sûrement d'elle-même. Quant au petit déjeuner, elle n'aurait qu'à demander à l'un des déipiens qui parcourait les couloirs régulièrement. Il s'apprêta à la laisser seule dans cette chambre baroque, bien rangée mais pas très propre, seule loin de son monde et loin des siens, mais bien plus en sécurité que parmi tous ces humains tordus. A demain, petite chose blanche...
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Mar 21 Juil - 19:54

Rebecca se mordit la lèvre. Evidemment, elle n'avait pas réussi à le faire parler. Cet homme était décidemment très particulier : muet comme un tombe, ténébreux et rêveur comme s'il venait d'un autre monde. Bref il l'intéressait. Elle avait laissé échapper un hoquet quand elle comprit ce qu'il entendait par "scientifique". Epingler des animaux ne faisait pas du tout partie de son ressort mais s'il l'entendait comme tel... Elle soupira. Comme c'était ennuyeux de ne rien comprendre à quelqu'un. Ennuyeux et véritablement fascinant. Et... terrifiant. Cet homme était terrifiant dans son calme incongru. Rebecca regarda la chambre étrange autour d'elle. Baroque, tout sauf rassurante, poussièreuse elle n'aurait véritable plu qu'à un antiquaire. Un frisson parcourrut la jeune fille. Elle allait craquer et elle était bien loin d'avoir sommeil.
Le sang perla à sa lèvre inférieure puis un petit et fragile filet coula sur le menton d'albâtre. Contraste saisissant, la beauté du sang sur l'ivoire de la peau.

La beauté du sang sur la neige.
Rebecca ferma les yeux, prise à nouveau d'un frisson. Elle essuya le sang. Inquiète, elle regardait autour d'elle. De petits coups d'oeils. Pas rassurés du tout. La jeune amnésique s'allongea sur le lit. Qui craqua. Elle sursauta. Puis se calma. Ramassant les couvertures contre elle, elle se roula en boule dans le coin gauche du lit, puis, bien qu'elle ne se sentait pas fatiguée, elle s'endormit.

Le lendemain vint. Rebecca n'avait pas l'impression d'avoir dormi. Son sommeil avait été peuplé de cauchemars absurdes et Pryde était souvent au centre d'eux. Lui et ses yeux captivant. Rebecca se leva. Sans qu'elle sache vraiment pourquoi ses vêtements avaient été remplacés par d'autres. Elle portait à présent une robe blanche. Simple mais qui lui donnait l'allure d'un fantôme. Elle grimaça. Pourquoi l'habiller de blanc quand on est déjà pâle comme la neige ? Seuls ses yeux apportaient une tache de couleur maintenant. Elle haussa les épaules sans se demander comment on avait bien pu la changer. Quand on s'y habitue, même les miracles n'étonnent plus. Elle ouvrit la porte de la chambre. Le couloir, bien que sans fenêtre, était éclairé comme en plein soleil. La jeune femme fit quelque pas. Un déipiens la regarda de travers puis lui montra un croissant qu'il avait à la main sans que l'on sache vraiment pourquoi. Rebecca secoua ses boucles blanches.


"Non merci. Où est Pryde s'il vous plaît ?"

Le deipiens hocha la tête à sa réponse et ignora complètement sa question. Charmant. Rebecca soupira. Puis se remit en quête de l'étrange bonhomme qui avait été au coeur de ses rêves ou cauchemars. Après de longues recherches (bien qu'elle ait fait attention elle était persuadée que le manoir l'avait fait tourner plusieurs fois en rond) elle le trouva dans un pièce dont elle ne pouvait définir la fonction. De toute manière, elle était très sobre et l'homme etrange et sophistiqué qui y était attirait toute l'attention.

"Bonjour ! Comment allez vous ?"

La voix de la Rebecca était faussement enjouée. A vrai dire, à le voir elle mourrait d'envie de poser un bon paquet de questions auxquelles il ne répondrait pas. C'était... rageant. Feignant d'avoir changé depuis la veille, c'est à dire, se morfondant dans le silence, elle espérait qu'il ouvre un peu le bec et lui dise des choses, n'importe quoi. Bien que le manoir fût remarquable elle sentait que rester la dedans la fairait mourir d'ennui d'ici peu.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Ven 24 Juil - 2:47

Pryde n'avait pas beaucoup dormi cette nuit. Une paire d'heures par-ci par-là, et de longues somnolences dans son fauteuil de velours rouge. De temps à autre, il avait mis sa main sur le mur, pendant de longues minutes, et avait conversé avec son ami. Nul ne savait ce qu'on pouvait bien dire à un manoir, mais Pryde, lui, semblait avoir matière à bavarder. Les Déipiens quant à eux, avaient pour la plupart rejoint leur nid, situé sous la couette d'un grand lit au premier étage. Ils dormaient serrés les uns contre les autres. Quelquefois, l'un d'entre eux se levait et s'élançait dans les couloirs en trottinant, sans raison apparente. Et quelquefois, l'un des parcoureurs de couloirs revenait dans le lit et se blottissait contre ses congénères.

Il fut ainsi jusqu'à ce que, bien après les premières lueurs de l'aube, parût la demoiselle. Le jeune homme émergea doucement, soulevant ses paupières mi-closes. La pièce où il avait passé la nuit était un de ses boudoirs où reposaient des dizaines de livres sur des étagères. Une large fenêtre donnait sur la forêt, ou du moins le mur vert et impénétrable qu'elle présentait comme une enceinte protectrice. Bien que ceux qui devraient être protégés soient les êtres n'appartenant pas à la sylve. Mais passons.
Les paroles de l'invitée mirent un temps à arriver jusqu'au cerveau de Pryde. Il finit, au bout de ce qui semblait une éternité, par réagir :


-Bonjour...

Ce manque d'enthousiasme était dû à l'heure matinale. Une cavalcade se fit entendre crescendo, jusqu'à ce qu'un Déïpien armé d'un plateau surgisse et se précipite devant lui, manquant de tout renverser. Il apportait une tasse remplie d'un liquide verdâtre, ainsi que deux petits fruits rouges semblables à des pêches. Pryde le remercia et avala d'un trait le contenu de la tasse.
Puis il sembla se rendre compte qu'il avait ignoré la question de Rebecca. Et qu'il ne lui avait pas proposé de siège.


-Je vais bien, merci. Avez-vous passé une bonne nuit ? Asseyez-vous s'il vous plaît.

Il lui désigna un canapé, dont le coussin était du même velours que son fauteuil. L'apparence de cet hôte n'était pas très soignée. Les premiers boutons de sa chemise étaient défaits, laissant voir quelque peu la peau pâle de son torse. Ses longs cheveux auraient eu besoin d'un coup de peigne. Et il semblait dormir encore à moitié.


-Je peux vous proposer des fruits, ou faire cuisiner quelque chose.
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Ven 24 Juil - 13:36

Voyant le difficile réveil de son hôte, Rebecca réprima un fou rire en se mordant la lèvre inférieure. Son visage se crispa quand la douleur apparut. Evidemment, s'étant ouvert légèrement la lèvre la veille, un fine cicatrice piquante demeurait. Et lui permit de ne plus avoir envie de rire.
Pryde mit un temps fou à émerger.
"Bonjour"
Il semblait parler au vide plus qu'à elle.
Un deipien surgit brutalement, catastrophé manifestement que son maître se réveille aussitôt. Rebecca n'eut pas droit à un regard noir de la part du petit être mais elle sentait bien que le coeur y était. Tant mieux. Bien fait pour lui. Il portait néanmoins une tasse avec un liquide verdâtre que la jeune scientifique aurait largement qualifié de douteux. Mais ça ne devait pas être l'avis de Pryde qui ni une ni deux vida la tasse d'un trait.
Attendant que l'étrange homme assis dans un fauteuil de velour rouge ne se rende compte de sa présence, la jeune femme regarda autour d'elle la pièce qui, tout comme le manoir lui même était bizarre. Mais ça ne l'étonnait plus. A vrai dire, ce qui l'aurait étonné c'est que Pryde se trouve dans une chambre normale. C'était presque rassurant de le voir dans une pièce aussi décousue.
Des bibliothèques pleines. Elles semblaient sur le point de s'écrouler tant il y avait de livres. Bien que Rebecca eut apprit à lire, elle ne parvenait pas à déchiffrer les titres qui se découpaient en lettres dorées sur un cuir sombre. Une langue inconnue. De larges fenêtres. Evidemment, il n'y avait pas vitre et le vent qui agitait la forêt ne semblait pas pénétrer dans la maison.
Au bout d'une éternité de cinq minutes, le jeune homme répondit à son invitée. Et part de là même, le fou rire de Rebecca retrouva sa route dans son esprit.

"Je vais bien, merci. Avez-vous passé une bonne nuit ? Asseyez-vous s'il vous plaît."

Un léger sourire aux lèvres, la jeune demoiselle s'assit dans le canapé du même velour rouge que le fauteuil. Ses yeux ne quittaient pas son hôté. A vrai dire l'attitude du jeune homme n'était pas très soignée. C'était un euphémisme. Ou une litote, comme vous voulez. Quoiqu'il en soit si Rebecca était scientifique, elle demeurait une femme. Et elle pouvait comprendre les premiers boutons défaits de la chemise, laissant entrevoir la peau pâle de Pryde, mais elle ne pouvait supporter sa chevelure en bataille. Sortant un petit peigne, on ne sait jamais pourquoi mais les femmes ont toujours ce genre d'ustensile sur elle mais ils sont généralement destinés à d'autres. La jeune albinos se leva, alla devant Pryde encore à moitié dans les vapes, lui prit le menton de sa petite main autoritaire et en peu de temps elle réussit à le rendre convenable. Evidemment, il faut comprendre que le jeune homme n'avait pas pu manger son étrange fruit mais à vrai dire elle s'en fichait totalement. Il lui avait suffisament fait peur la veille pour qu'elle se venge aujourd'hui.


"Vous êtes mieux comme ça"

Elle finit par réaliser la question qu'il lui avait posée, à laquelle elle n'avait pas répondu car il tenait toujours son étrange fruit dans sa main.

"Non merci pour le fruit, je n'ai guère faim."

Elle eut un sourire malicieux et retourna s'assoir.


"Que faites vous aujourd'hui ?"

Sous entendu "qu'est-ce que je fais moi aujourd'hui ?"...

[au fait il s'est bien passé ton bac ? Wink ]
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Pryde
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 1 Aoû - 1:10

Comme un gamin qu'on habille avant d'aller à l'école. Le jeune homme eut l'air de vaguement se demander ce qui lui arrivait, mais se laissa faire docilement. Quelques uns des petits nuages qu'il avait encore dans le regard finirent par s'en aller, cependant il avait toujours l'air aussi peu réactif. A se demander si sa tension ne variait pas au cours de la journée.

Le déipien, qui s'était reculé dans un coin de la chambre, observait la scène avec un intérêt mêlé de désapprobation. Nul ne s'était jamais occupé du Maître. Comment cette petite d'hommes osait-elle l'approcher ainsi ? Que le Maître ne réagisse pas, c'était presque normal, une vraie poupée le matin. Mais cet oiseau blanc échappé de sa cage, de quel droit s'autorisait-il à le toucher ? Depuis la fée aux cheveux bleus -il y avait une demi-douzaine d'années- personne ne l'avait côtoyé de si près.
Le petit être ne dit rien mais resta tout de même à surveiller l'enfant.

Après qu'elle fut retournée s'assoir, Pryde amena lentement le fruit jusqu'à ses lèvres sans la quitter des yeux. Elle semblait enjouée, en bien meilleur état que la veille. Comme il l'avait dit, elle s'était habituée.
Quant au programme de la journée...


-Je ne sais pas... je n'ai pas encore décidé. Mais ce matin il faudra que j'aille voir mes animaux.

Il mordit dans le fruit en essayant de rester présent dans la pièce. Vivre au jour le jour était habituel chez le descendant des Dalhiegans. Il savait que les humains aimaient prévoir leur vie du début à la fin sans laisser de place ni à la fantaisie ni aux hasards du destin. Son esprit à lui n'était pas formé pour penser de la même manière. Mais si la demoiselle posait cette question, c'était qu'elle avait certainement quelque chose derrière la tête.

-Est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez envie de faire ?

Il reposa le noyau, d'un brun foncé, sur le plateau.

-Sinon, je resterai probablement au manoir pour m'occuper de ma collection, et je sortirai peut-être le soir pour faire un tour au village. On y trouve des choses très intéressantes.

Des jeunes filles toutes blanches par exemple.


-Je ne sais pas trop quoi vous proposer. Habituellement, les humaines travaillent dans les champs ou discutent dans des salons en brodant... vous voulez broder ?

Le déipien haussa un sourcil. Le Maître parlait énormément. Le Maître avait plus parlé en cette matinée que toute la semaine dernière. Cette bestiole rebelle avait une drôle d'influence sur lui. Il n'arrivait pas à décider si elle était bonne ou non.
Pryde déposa le plateau sur la table basse, et tendit discrètement ses bras vers le sol pour s'étirer. Il n'avait pas l'habitude d'avoir des invités.


[edit : j'ai oublié de répondre xD Ca s'est très bien passé j'ai eu des meilleures notes que toute l'année xD Etwa ?]
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Sam 1 Aoû - 16:02

[très bien aussi ! j'ai même eu une note que je n'avais jamais eue en français depuis le lycée ! XDD je suis très contente que ce soit fini d'ailleurs ^^ ]

Ainsi donc l'étrange hôte de la demoiselle albinos voulait, ce matin là, rendre visite à ses animaux. Rebecca hocha la tête. Bien qu'elle n'avait pu détacher son regard de Pryde pendant un moment, elle finit par en trouver le moyen - ce n'est pas très compliqué bien sûr, de détourner les yeux, mais il semblait exercer sur elle une fascination qui l'en avait empêché jusque là... étrange non ? - et son regard trouva alors celui du déipien. Il la regardait bizarrement. Il semblait choqué qu'elle ait arrangé la coiffure de son maître. De manière générale, Rebecca trouvait qu'ils avaient tous tendance à la trouver choquante, que ce soit quand elle a voulu s'enfuir ou maintenant. Il ne semblait pas comprendre qu'elle fasse ces gestes. Elle n'en avait techniquement pas l'autorisation mais la jeune rebelle se moquait bien de la demander à Pryde. Elle n'était ni son esclave ni son animal de compagnie. Elle n'avait que faire d'une permission. De toute manière, ça ne lui avait même effleuré l'esprit, inutile de discuter pour ça.
Rebecca observa calmement son hôte. Il semblait vivre au jour le jour, comme si "prévoir" était un mot absent de son vocabulaire. Dans la limite du possible, la jeune femme évitait au maximum de prévoir, aimant ses recherches scientifiques pour les aventures qu'elles lui amenaient régulièrement. Néanmoins, elle aurait bien aimé savoir si elle pourrait s'occuper dans cette maison. Eviter ce qui pourrait s'apparenter à de la fantaisie, sauf que depuis hier, ça ne la faisait pas rire !
Depuis toujours, Rebecca était une enfant qui cherchait sans cesse un moyen de bouger. Aller à droite, à gauche lui permettait de ne pas rester en place trop longtemps. Elle avait appris car elle connaissait beaucoup de choses, mais elle ne supportait pas de rester assise à entendre des divagations qui ne l'intéressaient pas. En lieu et place des autres scientifiques dont elle avait fait connaissance, Rebecca préférait apprendre par elle même plutôt que d'aller réfléchir à ce qui pourrait être. Autant savoir ce qu'il y a et ce qu'il est. Ainsi, rester cloitrée dans ce manoir ne lui disait rien qui vaille. Indirectement, s'il ne l'autorisait pas à sortir, Pryde la détenait toujours enfermée. Dans une cage plus grande, mais toujours une cage. Ce n'est pas parce qu'un éléphant est plus grand qu'une fourmi qu'il n'est pas un mamifère. En gros, elle était piégée.
Evidemment, cette évidence lui minait son moral et elle reprocha intérieurement à Pryde de n'avoir répondu clairement à sa question : qu'est-ce qu'elle pouvait faire ?

Encore une fois, elle était trop impatiente. C'était son péché mignon dirait on. Il avait parfaitement saisi le sous entendu et pour peu, la jeune fille aurait rougi. Mais il ne pouvait entendre ses pensées, hein ? Du moins, l'espérait elle ?

"Est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez envie de faire ? Sinon, je resterai probablement au manoir pour m'occuper de ma collection, et je sortirai peut-être le soir pour faire un tour au village. On y trouve des choses très intéressantes."

Rebecca se mordit la lèvre pour essayer de ne pas lui répondre sèchement que s'il cherchait d'autre animaux pour sa collection mais elle réussit à contenir sa colère. Un moment. Jusqu'à ce qu'elle se répète intérieurement ce qu'il venait de dire. Là, sa voix se fit légèrement froide quand elle ouvrit la bouche.


"Vous me considérez comme une chose ?"

Mais elle n'avait pas parlé très fort et manifestement il ne l'avait pas entendue. Ou pas écoutée. Peu importait le résultat était identique.

"Je ne sais pas trop quoi vous proposer. Habituellement, les humaines travaillent dans les champs ou discutent dans des salons en brodant... vous voulez broder ?"

Là la surprise de la jeune fille était à son comble. Froideur ou colère s'évanouirent.

Elle éclata de rire.

Un rire clair, cristallin. Qui venait du plus profond de son être.
Jeunesse oubliée.
« Anthony, cette enfant est tout à fait irresponsable. Elle ne coud pas assez. Son motif est bâclé. Il est grand temps que cette demoiselle apprenne en bonne forme ce que doit faire une femme de son rang. » Une voix sèche s'ouvre dans l'esprit de la jeune albinos. Je la connaît... mais qui est-ce ? qui est Anthony ?


"Je déteste coudre."

Certes il avait dit "broder" mais ça elle ne lui répondait pas vraiment. Réponse à un souvenir. Elle lâcha ça avant de se sentir vraiment... bizarre. La voix revenait dans son esprit.
« Rebecca, tu es si décevante. Ne peux tu rien faire pour paraître telle que ton rang fait croire que tu es ? Tu devrais plus lire, être plus cultivée. Ton esprit doit être supérieur à celui des bouseux qui empestent. Tu es parfaite mon enfant. Soit à la hauteur de mes espérances. Soit digne des De Winter.»
Qui était-ce ? Elle était, elle, d'une intelligence supérieure ! Personne n'arrivait à la cheville de son intelligence et elle méprisait la plupart des hommes pour cette raison : leur manie de vouloir tout gouverner dans la violence alors qu'ils ne savaient même pas la racine carrée de 27,4 ! Pour votre information il s'agit de 5,235 à un millième près mais si vous lui aviez posé la question, Rebecca aurait probablement répondu "cinq et des poussières", mais c'était déjà ça non ?

Elle vit du coin de l'oeil que le déipien semblait étonnné. Elle ne savait pas de quoi et elle s'en fichait. Sa tête tournait.
"Je te rejoindrais Rebecca. "
Qui ? Une voix grave. pas la même. Une voix remplie d'amour. Le soleil entra dans la pièce. Timide. Une ombre sur le mur. Elle ne savait ce qui était à l'origine de cette ombre. Son coeur se mit à battre plus fort, plus vite. Son regard fut aspiré par l'ombre. Ligne noire. Fond clair.

Ne sachant plus où elle était, Rebecca essaya de regarder ailleurs, elle se leva, cherchant ses repères. Ce furent des flammes cruelles qui la trouvèrent. Elle tomba dans l'inconscience.
Les flammes semblent lécher le ciel. Chateau triste et brillant dans la nuit noire. Des cris. Les flammes semblent dévorer la vie sur leur passage. Château s'écroule. La tour s'abandonne dans un fracas sinistre. Les flammes montent toujours plus haut. "Cours Rebecca !". Une petit jardin avec une table en fer forgé. Protégée par un parasol. Chaleur. Les flammes hurlent dans la nuit. Une femme lit des lettres. Sa robe blanche est éclatante. Son visage, flou. Les flammes sont un écho de son cris de terreur. Echo sinistre. Elle est gouvernante depuis des années, et maintenant elle a besoin de moi. Cette femme est une incapable, je verrai avec ton père pour la changer. Qu’en penses tu ?" Un regard froid. Des flammes se soulèvent dans un rire diabolique. Sourire méprisant, dévoilant la haine. « Cours Rebecca, va-t-en ! File au plus loin ! » A nouveau la voix d'homme. Cette voix rassurante. Des murs qui s'écroulent. Des flammes qui ricanent. Fière de leur petite surprise. Fière d'avoir fait peur à l'enfant albinos. Fière de détruire son enfance. Fière de la transformer en cauchemar.

Puis plus rien. Le noir total. Comme si la tempête avait jugé bon de la laisser tranquille. Ses pensées n'avaient jamais été aussi désordonnées. Tout cela n'avait aucun sens. Mais c'était la triste sorts des amnésiques qui retrouvent des fragments de souvenirs.
Rebecca avait repris conscience. Elle sentait le sol froid contre sa joue. Elle entendait le déipien marmonner quelque chose, Pryde lui répondre. Elle ne les comprenait pas, mais ça lui était égal. Il était servi son étrange hôte ! Il avait pu regarder les effets dévastateurs de la mémoire sur sa petite oie blanche. Sans ouvrir les yeux la jeune fille cherchait à comprendre ce que l'homme disait. Puis dans un murmure elle répondit à une question qu'il lui avait posée. A laquelle elle n'avait donné de réponse.


"Je crois que je vais juste vous accompagner voir vos animaux."

Evidemment, si elle arrivait à se remettre d'aplomb.


[j'ai un peu déliré, histoire de mettre du piment, j'espère que ça te convient ^^ XD]
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Pryde
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MessageSujet: Re: Songes d'un manoir tordu   Mer 5 Aoû - 23:37

[Oui n_n Je sais pas quelle longueur ça fait mon écran ici est bizarre uu']

Elle détestait coudre. Allons bon. Enfin, cet humain original devait bien avoir des caractéristiques originales... Alors que Pryde cherchait dans sa mémoire les autres occupations que pouvait avoir une demoiselle chez les gens de Saint Thomas...

-Cuisiner ? S'occuper d'enfants ? Je peux vous prêter des...

Hein, mais qu'est-ce qu'elle faisait encore ? Elle avait eu l'air perdu un instant, et puis elle s'était écroulée par terre avec la grâce d'une poupée désarticulée, sous les yeux atterrés d'un Pryde pas encore tout à fait dans son assiette. Rah, mais elle ne pouvait pas attendre l'après-midi pour s'amuser à ce genre de choses ?
Il se pencha en avant pour juger l'état de son invitée. Elle ne bougeait plus.

-Tu crois qu'elle est morte ?


Le déipien fit quelques pas dans sa direction sans cependant trop s'approcher -on ne savait jamais, des fois qu'elle se réveille avec des envies cannibales- et observa la chose. Sa poitrine se soulevait à intervalles réguliers, et de temps à autre elle était prise de tressaillements et de mouvements involontaires. Comme les chiens qui remuent les papattes en plein sommeil lorsqu'ils gambadent dans le pré verdoyant du royaume de Morphée. Le lutin dit au jeune homme que la demoiselle était certainement en train de rêver...

-Ah. Hum. Je pensais qu'elle aurait assez dormi. Et puis ce n'est pas un endroit très approprié pour faire la sieste. Je devrais la ramener...

Oh, mais, la colombe rescucitait ! Comme un phoenix. Un phoenix tout blanc. Mais de manière bien moins glorieuse.
Pryde demeura penché au dessus d'elle sans trop savoir que répondre. Après un instant d'hésitation, il vint poser sa main sur le front de Rebecca. Ce geste était inutile puisqu'il ne savait à quoi se référer pour prendre la température d'un humain. Mais peut-être permettrait-il un miracle ? Ou une brusque révélation ?

-Je suggère que vous vous reposiez d'abord.

Tu parles d'une révélation. Il écarta les cheveux blancs qui cachaient son visage. Si pâle... Si fragile. Comme une poupée de porcelaine prête à se briser. Quelle idée d'avoir ramené ce truc-là à la maison. Enfin, elle était attendrissante, tout de même.

Pryde eut un soupir, s'agenouilla et passa ses bras sous le dos et les jambes de la jeune fille afin de la soulever. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir en faire maintenant, hm ?
Après un long dilemme intérieur, il finit par sortir de la pièce, suivi par son petit acolyte. Quelques marches et couloirs plus loin, ils rejoignirent le hall d'entrée, et descendirent par l'escalier qui menait à son jardin secret, sa cave... sa collection. Rebecca fut déposée délicatement dans le fauteuil qui la veille avait servi au maître des lieux.

Dès qu'ils étaient arrivés, la pièce s'était animée d'une effervescence joyeuse. De nombreuses créatures s'étaient approchées de la porte de leur cage pour observer les nouveaux venus, et une multitude de jappements, de gémissements, de gloussements et autres bruits indéfinissables les accueillirent. Dans toutes les langues, cela signifiait : "J'ai faim !", "Qui c'est celle-là ?", "Tu m'emmèneras promener bientôt ?"

Un grand sourire avait illuminé le visage de Pryde, qui regardait avec affections ces dizaines de choses de toutes les tailles, à poils, à plumes, à écailles, qui n'attendaient que sa venue de toute la journée. Oubliant complètement son hôte, il s'approcha d'une des cages que n'avait agité aucun mouvement de bienvenue, aucun bruit, aucun signe de vie. Derrière les copeaux de bois, terré entre l'écuelle d'eau et une des parois, restait une petite chose apeurée, en le regardant fixement de ses petits yeux noirs. Celui-ci ne s'était pas encore habitué.

Il l'avait trouvé quelques semaines plus tôt dans la forêt. Une vingtaine de centimètres, tout au plus. Forme humanoïde. Espèce inconnue. Mieux valait ne point trop y toucher pour l'instant.

Des bestioles timides, le kidnappeur en avait vu souvent. Mais elles avaient toutes fini par s'habituer. Il ouvrit une des cages près de celles du bonhomme, et attrapa un rongeur dont la fourrure mi rose et jaune lui permettait de se camoufler dans certains buissons colorés, pour le présenter à la jeune albinos -dont il venait miraculeusement de se rappeler la présence. Un long nez, d'immenses moustaches, en tout et pour tout une trentaine de centimètres du museau au bout de la queue. Lorsque le maître lui gratouilla le dessus de la tête, il cessa de couiner et de remuer, et resta béatement en place à se faire caresser comme un chat bienheureux.

-Vous voulez le prendre ? C'est très doux !
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Songes d'un manoir tordu

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