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 La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -

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Florentin Des Romances
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MessageSujet: La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -   Jeu 20 Aoû - 21:58

Il faut connaître son ennemi pour pouvoir s’en préserver. Cette sentence lui trottait dans la tête depuis quelques temps déjà. Il se cachait depuis bien longtemps dans le château en ruine, ne se rendant à Agnosia que pour glaner quelques informations, et surtout évitant soigneusement tout contact inutile avec la population de Saint Thomas du Lac. Enfant, il ne s’était jamais rendu ici et ce qu’il savait de ce territoire aurait pu tenir sur un simple page. Adolescent, il avait bien été trop occupé par son éducation et les femmes pour prêter la moindre attention à cet endroit. Mais maintenant qu’il y vivait, les choses étaient différentes et sa curiosité grandissait à mesure que le temps s’écoulait.

Que savaient exactement les habitants sur Abellion ? Courait-il un risque ici ? Comment vivait donc ce peuple si étrange ?

Malgré tout, jamais le noble déchu n’aurait mis en danger son identité s’il n’y avait pas eu ce soir d’été. Il tournait en rond dans le château en ruine, en proie à une crise de culpabilité qui lui rongeait consciencieusement l’esprit. Lorsqu’il changeait de pièce, le visage d’une de ses victimes apparaissait pour le blâmer. Lorsqu’il se retournait, la silhouette familière d’un défunt se dessinait. Bientôt il n’y tint plus. Il hurla autant que son souffle le lui permit.

- Fichez-moi la paix ! allez-vous-en !

Mais sa folie ne semblait pas être de cet avis… Sentant le poids qui oppressait sa poitrine depuis si longtemps s’alourdir, le prince cendreux s’enfuit. Il n’eut le temps que de prendre sa cape, vieille, poussiéreuse et déchirée par endroit. Cela serait suffisant pour passer inaperçue. Un fois dehors, il courut aussi vite que possible, ne ralentissant sa course qu’en arrivant aux abords du village. L’air sentait bon l’été, les passants riaient de tout et de rien. Une ambiance de rêve.

Florentin rasait les murs, il ne saluait personne. Tête baissée, il avançait dans la fraîcheur nocturne sans se préoccuper de quiconque. Une taverne. C’était ça qu’il lui fallait. Un lieu vivant, festif, où il y aurait assez de monde pour que ses propres fantômes cessent de le hanter. C’est ainsi qu’il s’engouffra dans l’auberge de Saint Thomas.

Par politesse, il ôta sa capuche, dévoilant un visage dont tout le côté droit était dissimulé par une sorte de masque en tissu noir. Comment ne pas se faire repérer dans de telles conditions. Il salua les personnes présente d’un bref mouvement de tête, soudainement mal à l’aise. Sa solitude allait lui manquer. Il se fustigea mentalement d’être sorti de sa tanière. Mieux valait affronter des morts que des vivants. Les morts ne parlent pas, ils ne posent pas de question, ils ne vous lorgnent pas du coin de le leur œil véreux. Les yeux émeraude de Florentin perdirent de leur éclat, ils firent soudainement fuyants.
Il déglutit difficilement et se rendit au comptoir pour commander la même chose bizarre et mousseuse que les autres. - De la bière ? - Oui, probablement.

Florentin alla ensuite s’installer à une petite table éloigné, prêtant attention à l’éclairage de sorte que son visage reste dans l’ombre. Sa pinte lui fut bientôt emmener mais déjà son regard était attiré par autre chose. L’éclat de ses yeux verts se ralluma. Au centre de l’établissement, un jeune homme venait tirer les premières notes de son violon. La musique était enjouée, festive. Mais l’homme, caressant du regard archers et cordes, n’y entendait qu’une longue complainte.


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Christian Berroyer
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MessageSujet: Re: La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -   Dim 23 Aoû - 18:19

Les cloches de l’église sonnèrent, comme à leur habitude; la messe de dix-huit heures venait de se terminer. C’était la troisième, peut-être la quatrième, que le père Berroyer célébrait depuis son arrivée à Saint-Thomas du Lac. Les paroissiens s’étaient fait à lui. On l’invita même à passer à l’auberge pour manger avec eux. La cuisine y était excellente, à ce qu’on disait. Sans parler de l’ambiance! Ce soir, un talentueux jeune homme se produirait en concert. Un violoniste très prometteur. Christian sourit et ne trouva pas le moyen de refuser l’invitation. « Je tenterai de venir. » finit-il par concéder. Une fois l’église vidée de ses occupants, le prêtre sortit à son tour, se dirigeant vers l’auberge. Il avait encore du mal à trouver son chemin, aussi se perdit-il une ou deux fois et arriva en plein milieu de la prestation.

L’auberge était bondée. Tous se pressaient autour de la petite scène grossièrement aménagée sur laquelle trônait fièrement un garçon d’une vingtaine d’année maximum. Son instrument produisait une musique endiablée et reflétait la lumière des chandelles comme une pierre précieuse.

Quelques visages se retournèrent pour dévisager celui qui entrait dans l’auberge. Christian salua d’un signe de tête et parcourut l’assemblée en direction d’une place libre. La popularité du musicien était sans doute; aucune table n’était sans occupant. Le nouveau venu parcourut l’assistance du regard et repéra, au loin, dans l’ombre, une chaise vide. Un seul individu était assis à la table, buvant une boisson et lorgnant le violoniste. Discrètement, Christian s’y dirigea. Il tira sur la chaise tout en se penchant vers l’homme au visage masqué.

-Cette place est-elle libre? demanda-t-il.

Avec l’obscurité, la musique et les cris, il ne réussit pas à déceler si l’étranger avait répondu et, si c’était le cas, quelle avait été sa réponse. Il espérait pour le mieux et s’assit.

-Ce jeune homme est très talentueux.

Christian tourna la tête vers l’homme à l’autre bout de la table. Il l’observa attentivement. Un masque de tissus couvrait une partie de son visage. Jamais encore le prêtre n’avait aperçut d’accessoire de ce genre. Il n’osa pas demander la raison de cet accoutrement. Une tradition de Saint-Thomas, peut-être? Il se promit cependant de questionner l’individu une fois la conversation un peu mieux engagée. Le regard vert de l’étranger flamboyait pendant qu’il fixait le musicien. Alors que les autres clients de l’auberge tapaient des mains en suivant le rythme du violon, l’étranger à la table de Christian semblait plutôt pris dans une profonde mélancolie. Le clerc le regarda avec curiosité. Cet homme ne semblait décidément pas là pour faire la fête.

-Je suis le Père Berroyer, dit Christian avec un large sourire, espérant ainsi rendre un peu de gaieté à l’autre personnage.
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Florentin Des Romances
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MessageSujet: Re: La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -   Sam 5 Sep - 15:34

Florentin s’était perdu dans la musique. Des notes qu’il faisait sienne un peu plus à chaque seconde, modifiant la mélodie grâce à son esprit. Derrière ses prunelles émeraude, se déroulait à nouveau le fil de sa vie. Sa vie avant qu’elle ne s’arrête. Il se complaisait dans ce passé lointain, désirant y rester le plus longtemps possible puisque la réalité actuelle ne lui convenait pas. Il avait tout perdu. C’était tout ce qui lui restait. Le droit de s’enfuir dans ce petit coin de sa tête nommé « Mémoire » par les hommes de sciences et de savoir.

Autour de lui, le monde était devenu flou, il ne comptait plus. Il n’y avait que ce garçon au violon qui peu à peu s’effaçait, et lui-même. Il distingua à peine l’homme qui venait pourtant d’entrer dans son champ de vision. Par contre il perçu parfaitement le son de sa voix et son cocon onirique vola en éclat. Florentin cligna des yeux en observant l’étranger. L’inconnu plutôt, car ici, l’étranger, c’était lui.

- Bien sûr. Répondit-il à voix basse, couverte de toute manière par la cacophonie environnante.

Le malaise regagna le jeune homme. Trop habitué à sa solitude, il ne savait plus réellement ce qu’il devait faire en de telles circonstances. Devait-il lancer la conversation ou simplement se taire ? Il ne connaissait après tout rien des us et coutumes de cet étrange village. Florentin n’eut par bonheur, pas le temps de se pencher plus avant la question car l’homme reprit la parole. Sans vraiment y songer, Florentin répondit d’une voix terne.

- Je trouve qu’il torture ses cordes. Il tient son archer trop bas.

Il sentit le regard de son vis à vis sur lui, sur son visage et pinça les lèvres. Il détourna même un instant les yeux. La sensation était désagréable pour lui qui ne supportait pas d’être vu. Inconsciemment, Florentin se colla contre le dossier de la chaise. Il fallait qu’il fasse quelque chose pour empêcher cela, pour que cette analyse visuelle cesse.

La réponse fut toute naturelle. Il se saisit calmement de la chope de bière et la porta à ses lèvres mais lorsque le goût coula sur la langue, il manqua de recracher le contenue du breuvage. Il se fit violence pour avaler sa gorgée et reposa l’objet maudit sur la table en grimaçant. Comment pouvait-on boire une chose aussi mauvaise et amère ? Par politesse, il ne fit aucun commentaire mais éloigna la chope de lui en la faisant glisser sur le dessus de la table. Hors de question de s’empoisonner avec cette chose.

- Enchanté. Je m’appelle… Il marqua une pause, il ne pouvait plus dévoiler son vrai prénom, Ludwig Chevalier. Mais… Pardonnez-moi… Florentin plissa les yeux, portant sur ses traits l’expression d’une curiosité innocente. De qui êtes-vous le « père » ?
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Christian Berroyer
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MessageSujet: Re: La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -   Jeu 17 Sep - 20:34

La surprise envahit le prêtre en voyant l’inconnu en face de lui critiquer ainsi le talentueux violoniste. La musique n’était pas son centre d’intérêt premier, certes, mais le son de l’instrument caressait agréablement ses oreilles, à un point qu’il se demandait comme il aurait pu être mieux. Il évita cependant de lancer un débat, préférant garder les sérieux échanges pour une soirée moins festive. À ce moment précis, il souhaitait se détendre et laisser son esprit prendre congé des questions du monde.

Christian ne put s’empêcher de sourire en voyant l’individu masqué repousser sa bière, comme s’il s’agissait d’un poison quelconque. Lui non plus n’avait jamais apprécié ce goût amer. Heureusement, son statut de prêtre lui permettait de refuser toute boisson sans se faire ridiculiser par les autres hommes, comme c’était avant le cas. Un bruit de rires moqueurs lui revint en tête. Il le chassa rapidement.

La question que lui posa Ludwig Chevalier le fit éclater de rire. De qui il était le père? En voilà une question saugrenue! Son rire cessa néanmoins lorsqu’il se remémora sa rencontre avec un certain Arthur, un sans-abri qu’il avait hébergé chez lui et qui, aussi, ne semblait pas connaître le clergé. Lentement, les rumeurs que Christian avait entendues avant de venir à Saint-Thomas s’insinuèrent dans son esprit. On lui avait dit que rare était les croyants dans ce village, que beaucoup adorait le malin et ignorait jusqu’à l’existence de Dieu. En entendant cela, l’homme avait ri, trouvant ridicule que l’Inquisition laisse un tel endroit existé. Cela avait beau être un village, il y avait beaucoup d’âmes qui ne méritaient en aucun cas d’être oubliées. Instinctivement, Christian porta sa main à sa poitrine, touchant, pour à peine quelques secondes, au travers de son vêtement, le pendentif orné d’une fleur que lui avait remis une fillette avant son départ pour le village. Elle lui avait assurée qu’il le protégerait des démons. À cet instant, le prêtre souhaita de tout son cœur que c’était vrai.

-Je suis le père des croyants, de ceux qui viennent prier notre Dieu à l’église et qui écoute mes sermons, répondit le clerc après s’être raclé la gorge. Il espéra que Ludwig ne faisait que plaisanter, aussi tenta-t-il de parler sur un ton plus joyeux, qui s’avéra néanmoins trembler légèrement.

Un nouveau raclement de gorge. Il avait l’impression de ne plus maîtriser sa voix. Il devrait tenter d’entrer en contact avec le précédent prêtre, histoire de se rassurer un peu et d’entendre une voix chaleureuse lui dire que rien d’anormale ne se passait à Saint-Thomas.

-Vous habitez ici depuis longtemps, monsieur Chevalier? demanda-t-il. Cet homme était peut-être un étranger avec une religion différente, tout simplement. Il venait peut-être d’un de ces pays éloignés d’Europe où les gens croyaient en des dieux imaginaires, tout simplement…
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Florentin Des Romances
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MessageSujet: Re: La complainte du violoniste - Pv Christian Chou -   Ven 25 Sep - 13:32

- XD La religion pour les nuls, chapitre I -

Un naïf étonnement peignit les traits du noble déchu. Avait-il dit quelque chose d’amusement ? Sa question était-elle ridicule ? Il ne s’offusqua pas de la réaction du « père » mais réagit davantage comme une enfant qui ne connaissait rien aux coutumes de ce monde. Par contre, il n’était pas contre le fait d’apprendre et de comprendre.
La réponse de son interlocuteur attisa sa curiosité. Comme un chat paresseux, il délaissa la musique pour s’intéresser à l’homme qui était assis avec lui. Et comme un chat insouciant, une curiosité ingénue dévora ses yeux verts. Il se redressa légèrement et écouta avec attention la réponse qu’on lui fournit. Et une évidence le frappa : il lui manquait des notions qui semblaient élémentaires à la compréhension de ce monde étrange. Par exemple, il n’avait aucune, mais alors aucune idée de ce qu’était Dieu, ou « les croyants ».

- Ah… Fit-il, mimant la soudaine – et inexistante- compréhension.

Le père Berroyer se racla deux fois la gorge. Attitude sans doute insignifiante pour beaucoup, mais Florentin lui, y voyait la marque d’un agacement quelconque ou d’une gêne. Il s’abstint donc de poser les questions qui lui brûlaient les lèvres. Peut-être les réponses viendraient-elles d’elles-mêmes à lui, au fil de la conversation. Il ne fallait que cette personne se sente intimidée !

Florentin l’observa avec plus de discrétion que ne l’avait fait son vis à vis. A la dérobée, il remarqua que cette personne n’avait rien d’effrayant, qu’elle ne semblait pas anormalement dangereuse et il se détendit légèrement. Le père Berroyer allait peut-être pouvoir lui apprendre toutes ces choses qu’il ignorait sur Saint Thomas et ce monde si étrange. Mimant le comportement des autres hommes de la salle, Florentin se fit violence pour reprendre sa chope et avaler une autre gorgée. Il pinça les lèvres mais ne grimaça pas. Ce geste lui permit de gagner quelques secondes pour réfléchir à la réponse qu’il allait donner.

Cette conversation avait quelque chose d’excitant. Comme une partie d’échec. Il fallait prévoir les coups de son adversaire, maintenir sa défense et attaquer les sujets qu’il voulait sans en avoir l’air. C’était grisant, et quelque part, divertissant.

- Non, je suis arrivé il y à peine quelque jours. Je viens de loin, et je voyage beaucoup, mais j’ai trouvé ce village charmant, aussi je pense m’y arrêter quelque temps, même si je suis assez étrangers aux coutumes de ce pays.

Il lui fallait un mensonge insoupçonnable vite. Ses yeux verts pétillaient de malice et de ruse.

- Je viens du Nord. J’ai voyagé par bateau, puis beaucoup marché. Avez-vous souvent voyagé, Monsieur Berroyer ?
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