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 Sans refuge, sans repères

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MessageSujet: Sans refuge, sans repères   Sam 14 Juin - 18:36

La lune était rousse ce soir là. Tous les villageois s’étaient réfugiés chez eux, confortablement installés au coin d’un feu, se réchauffant les paumes. Un vieillard racontait probablement des contes effrayants à ses petits enfants, la bouche et les yeux grands ouverts, stupéfiés par des récits épiques et fantastiques. Les mères de famille préparaient un bon souper pour réchauffer les cœurs, et les époux couvraient ces dernières de baisers, après une dure journée de labeur et d’absence. Chacun se réunissait, dans un havre de paix, un cocon familial qu’une personne n’avait pas. Elle se prénommait Lucile et se surnommait Lulubeth ou plus court encore, Lulu. Elle portait contre elle son chat en peluche qu’elle avait appelé Spinel, sans aucune raison particulière. Ce prénom sonnait bien, ça lui évoquait quelque chose de magique, et elle espérait au fond de son cœur qu’il la protègerait si un vilain esprit venait à l’attaquer.
Contrairement aux autres enfants évoqués précédemment, elle n’avait pas de foyer où aller se remplir la panse et se réchauffer. Ce soir, elle n’avait trouvé personne susceptible de l’accueillir. Tout le monde avait quelque chose d’important à faire, si important qu’on ne trouva pas le temps de s’occuper d’une si ravissante petite fille. Alors, Lulubeth, le cœur lourd et l’âme en peine, s’en était allée errer dans les ruelles sombres du village Saint-Thomas, quelques fois inconsciente du danger qui pouvait la guetter. En réalité, elle s’attendait à tout et à rien, et supposait qu’elle pourrait toujours se défendre en anticipant l’arrivée d’un quelconque esprit malveillant, qu’elle pouvait contrer grâce à cette intuition qui se développait en elle. Néanmoins, les choses auraient été encore plus faciles si elle avait conscience de l’importance de ses aptitudes. Leur ampleur pouvait lui causer bien des ennuis, et pas seulement vis à vis des défunts, mais plutôt par rapport aux principaux intéressés qui voulaient se débarrasser des esprits. Mais en toute innocence, elle supposait que personne n’en saurait rien et qu’elle n’aurait qu’à faire mine de rien tout en utilisant ses capacités à sentir, et non à voir ou à tuer. Tout ce qu’elle savait, c’était que beaucoup de ces fantômes souffraient ou en voulaient à mort aux mortels qui les pourchassaient, les empêchant ainsi d’arriver à leur but ultime qui les amènerait à trouver la Paix.

C’était tout de même un concept bien étrange, que de tuer un être déjà mort.

Lulubeth finit par se résigner à trouver un logement, après avoir pensé au foyer de Killian qu’elle était tentée de squatter pendant quelques heures. Mais la lassitude la conduisit vers un tout autre endroit, plus religieux et pur qu’une habitation où vivait n’importe qui. Il se limitait à une immense église, soigneusement entretenue et dont l’autel était le centre d’attention de la demoiselle. Lorsqu’elle pénétrait dans ce bâtiment à l’architecture romaine, c’était pour une raison bien précise qui ne regardait qu’elle, et il était rare qu’elle ai recours à un petit passage au sein d’un confessionnel pour dormir. Malheureusement, elle y était contrainte pour cette fois, et ce n’était pas prêt de changer.
En effet, les habitants étaient sur le qui-vive depuis que des humains se plaignaient d’être agressés par des revenants, et on se regardait avec méfiance par peur de voir l’un de ses concitoyens possédé de la même manière que l’avait été Lulu, en tuant inconsciemment ses géniteurs. En ayant une pensée pour eux, la fillette soupira longuement et entra dans la bâtisse vieille de plusieurs siècles. Elle leva les yeux pour contempler les fresques qui trônaient sur les plafonds, et représentaient des batailles célestes d’une splendeur incomparable. Jusqu’à présent, elle ne s’était jamais éternisée sur leur contemplation, mais puisque Morphée ne daignait pas l’envelopper de ses bras soporifiques, elle se laisserait bercer par les histoires qui découlaient de ces œuvres d’art.
De part et d’autre de l’église où des bancs étaient alignés les uns à côté des autres avec austérité, il y avait des vitraux par où passait la lueur lunaire, éclairant doucereusement le visage enfantin de Lulubeth. S’allongeant sur l’un des bancs de prière, elle plaça Spinel sur son ventre et machinalement, lui caressa l’oreille droite. Elle avait laissé son chapeau tomber sur le sol, s’abandonnant à ses rêve les plus fous. Sa longue chevelure dorée s’abandonnait comme un saule pleurer et ses épaules, complètement détendues, se crispèrent aussitôt lorsque les oreilles de Lulu captèrent distinctement un grincement sinistre. Se redressant avec une rapidité exceptionnelle, largement suscitée par la peur, la petite accourut vers l’autel, souhaitant trouver refuge auprès de Dieu. S’asseyant sur ce dernier, au milieu des cierges éteints, elle mordilla avec nervosité l’oreille de Spinel, le pressant toujours plus fort contre son corps tremblant de froid et d’appréhension. Ses sourcils arqués trahissaient son anxiété. Avec une spontanéité qu’elle ne calcula pas, elle prononça dans un murmure :


« Le chat sait ! Il sait. »

Puis se tut. Elle attendait. Mais qui ?


Dernière édition par Lulubeth le Dim 15 Juin - 19:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sans refuge, sans repères   Dim 15 Juin - 2:24

[S'pas trèèès long, désolée >.>]

Lucifer émergea lentement de son « sommeil » spirituel et se redressa de la position foetale qu'il avait adoptée. Il avait dû dormir facilement quelques années... Après avoir possédé une gamine et lui avoir fait tuer ses parents. Ç'avait été très amusant, mais comme cela faisait assez longtemps qu'il était éveillé, il avait ensuite décidé de se mettre en mode « pause » et avait un peu dépassé sur le temps qu'il s'était proposé. Il s'était tranquillement installé dans l'un des tuyaux les plus grands de l'orgue de l'église et avait fermé son esprit. Son repos parvenait à présent à un terme, au bout de 3 ans, environ. Il s'étira, sans lâcher sa crosse, son bras traversant le tuyau de l'orgue, puis s'extirpa de l'instrument et alla se poser sur le sol avant de se diriger vers le confessionnal. Il s'assit dans le meuble en bois et attendit que quelqu'un vienne troubler son ennui. Il n'était pas encore assez réveillé pour sortir de l'église. Une conversation ne lui ferait pas de mal.

Il n'eut pas à attendre longtemps. Bientôt, la porte de l'église – pas la principale, mais celle de côté – et une petite fille à la chevelure dorée entra dans l'édifice religieux. Elle serrait contre sa frêle poitrine un petit chat en peluche et semblait craintive et solitaire. Elle éveillait chez Lucifer un écho curieux. Où avait-il déjà vu cette gamine ? Laissant de côté cette question, il observa curieusement l'enfant fébrile se diriger vers un banc et s'y coucher, se recroquevillant en essayant de lutter contre le froid. La tête appuyée sur sa paume droite, sa crosse dans l'autre main, il resta quelques instants immobile comme une statue puis se releva. S'étant à cet instant légèrement matérialisé, il fit craquer une planche. Immédiatement, la petite fille se redressa, comme mue par un ressort, et se précipita vers l'autel, cherchant sans doute la protection de Dieu.

Et là Lulu se souvint : c'était précisément la gamine qu'il avait possédée avant de se mettre en mode « pause ». Elle n'avait pas beaucoup changé, depuis. Un peu plus maigre, plus craintive peut-être. C'était dommage, il avait cru que les villageois la lapideraient pour avoir tué ses parents. Dommage... Oui, bien dommage. Mais ça voulait dire qu'il pourrait s'amuser. Elle ne savait pas que c'était lui, celui qui l'avait possédée à ce moment-là... La conversation pouvait devenir intéressante, surtout s'il se rendait matériel et lui faisait croire qu'il était vivant. Après tout, quoi de plus normal qu'un évêque dans une église. Et plus personne ne connaissait l'histoire de l'évêque qui s'était suicidé après avoir tué une victime à exorciser...

Il sortit de l'arche du côté et remonta l'allée principale, se dirigeant lentement vers l'autel. Il fit mine de ne remarquer l'enfant que quand il fut à quelques mètres. Il s'était matérialisé, cela durerait bien une heure, il n'était pas Vieil Esprit pour rien. Sa crosse à la main, il s'arrêta et adressa la parole d'une voix douce à la gamine :


« Bonsoir petite fille. Que nous vaut ta visite tardive? »

Il se pencha vers elle et lui tendit une main gantée de soie blanche, pour l'aider à se relever, lui montrant un visage affable et compréhensif. Il savait très bien jouer la comédie..
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MessageSujet: Re: Sans refuge, sans repères   Dim 15 Juin - 19:45

[On s'en fiche, ché la qualité qui compte! =) ]

La pauvrette, recroquevillée, ses genoux ramenés contre sa frêle poitrine, serrait comme une forcenée sa peluche. Si il possédait une âme, Spinel étouffait probablement mais protègerait du mieux qu’il le pouvait la petite fille malingre à qui il appartenait. D’apparence famélique, elle observait les environs, terrorisée par un simple grincement de planches provenant d’on ne savait où. Ses épaules continuaient de trembler telles des feuilles mortes en période automnale. Ses lèvres ressemblaient à un désert aride et asséché, craquelé, tandis que sa gorge lui piquait alors qu’elle n’avait rien bu depuis un petit moment. Même si le froid était au rendez-vous, son corps avait besoin d’une essence pour se régénérer, et elle n’avait bénéficié que d’un peu de pain proposé par le boulanger à la fin de sa journée de labeur. Il lui avait donné les deux ou trois derniers croissants qu’il n’avait pas vendu, alors que les baguettes de pain dont elle rêvait s’en étaient allées nourrir d’autres bouches. Comme elle les jalousait tous ces enfants qui bénéficiaient d’une richesse toute autre ! Car si la sienne provenait de son cerveau, eux en revanche, bien que stupides, avaient le droit de se remplir la panse comme ils le voulaient.
Lulubeth savait que les villageois se méfiaient d’elle par rapport à son implication dans la mort de ses parents. Evidemment ! Car quoi de plus surprenant qu’une petite fille portant un couteau à la main, son visage et ses mains ensanglantées, et observant avec culpabilité les sauveurs qui au final, n’avait été que des figurants ? Il y avait eu bien des cas comme cela, et la raison pour laquelle elle était toujours en vie, était que l’on serait peiné de devoir exterminer une enfant, sous prétexte qu’elle avait assassiné sa famille sous l’emprise d’un esprit malin.

Les mirettes clairement bleutées de la fillette fixaient inlassablement l’entrée de l’église, et tandis qu’elle restait immobile, elle aperçut apparaître au loin ce qui semblait être un évêque. On dirait que le précédent avait été mis aux oubliettes, et celui-ci possédait un physique jeune et attrayant. Sa tenue, d’une blancheur immaculée, évoqua à Lulubeth l’image d’un ange tout ce qu’il y avait de plus céleste au monde. Elle se prêta au jeu de ce dernier, et agrippa cette main pourtant si froide qui lui était tendue. Tétanisée par la petite peur qu’elle s’était faite, son intuition qui lui permettait plus ou moins de sentir les esprits s’était mise en pause, ou devrais-je dire, était bloquée par la déferlante de terreur qui paralysait la petite. Sa peluche était toujours contre elle, lui prodiguant cette chaleur qu’elle ne parvenait pas à trouver chez l’évêque. Mais qu’importe, il était matériel, alors elle pouvait être sûre qu’il ne s’agissait pas d’un esprit malin non ? A moins que l’un d’entre eux ne soit si mesquin qu’il utiliserait l’esprit innocent d’une fillette humaine, pour se servir d’elle encore une fois ! Et puis, l’évêque était quelqu’un de très généreux, car il demanda à Lulubeth que lui valait cette visite. La préadolescente allait enfin pouvoir exprimer son désarroi.


« Oh Monsieur l’évêque ! Aujourd’hui les…aujourd’hui les villageois n’ont pas été généreux. Ils ne peuvent jamais m’accueillir. Trop de travail, trop d’invités, et trop de suspicions à mon sujet. »

Elle hocha positivement de la tête, ses lèvres se posant encore une fois sur l’oreille désormais baveuse de sa peluche. Ses sourcils étaient perpétuellement froncés mais aussi arqués, à cause de l’interrogation que suscitait l’être qui venait de lui adresser la parole. Certes, elle lui faisait confiance car ce dernier semblait réellement prêt à tout pour l’aider au nom de Dieu, mais elle ne se souvenait pas l’avoir vu les autres nuits où elle était venue s’assoupir dans l’église. Peut-être avait-il veillé sur elle durant tout ce temps, et que dans des concours de circonstances, il se décidait à se montrer ? Lulubeth chercha le pourquoi du comment tout en lui contant ses malheurs, ne cherchant pas plus loin que le bout de son nez. Elle était trop épuisée pour réfléchir, mais son QI lui ordonnait de faire preuve de discernement. De toute évidence, elle n’était pas disposée pour !
« Monsieur l’évêque ! Je ne vous ai jamais vu à l’église ces derniers temps. Est-ce que vous venez d’arriver au village Saint-Thomas du Lac ? Dites ! »

Elle espérait que tout ceci n’était pas un piège, et malgré que ce soit contre sa volonté, elle réfléchissait. Et pendant qu’elle réfléchissait, elle continuait de s’épuiser, inexorablement...
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MessageSujet: Re: Sans refuge, sans repères   Sam 28 Juin - 21:38

La petite fille saisit sa main et se releva, serrant contre elle le chat en peluche qui semblait être son seul ami sur cette terre. Lucifer posait toujours sur l'enfant le regard empli de pitié et de gentillesse qu'il avait enfilé comme on enfile un costume pour lui adresser la parole. Elle tremblait, peut-être de peur peut-être de froid. Peu importait à l'esprit, il réfléchissait à présent à ce qu'il pourrait faire d'elle. La « séduire » et faire d'elle un ustensile? La posséder à nouveau? Il ne se décidait pas encore et lui serra la main, tentant de réchauffer sa main matérialisée puis abandonnant, n'en ayant pas réellement le pouvoir. Elle brisa alors de ses pensées de sa voix fluette et inquiète.

« Oh Monsieur l’évêque ! Aujourd’hui les…aujourd’hui les villageois n’ont pas été généreux. Ils ne peuvent jamais m’accueillir. Trop de travail, trop d’invités, et trop de suspicions à mon sujet. »

L'évêque en question fit mine de plaindre la gamine, alors qu'il se moquait intérieurement d'elle. Suspicions? Oui, c'était un peut son but quand il l'avait possédée, bien qu'il ait espéré plus de réaction de la part des villageois. C'était bien dommage qu'ils s'en soient tenus à l'abandonner à son propre sort et aient parfois juste assez pitié d'elle pour lui donner leur restes, si tant est qu'il en aient. La petite semblait elle aussi suspicieuse. Sans doute était-elle une habituée de l'église et se demandait-elle pourquoi elle ne l'avait jamais vu. Il fallait inventer une excuse valable.

« Monsieur l’évêque ! Je ne vous ai jamais vu à l’église ces derniers temps. Est-ce que vous venez d’arriver au village Saint-Thomas du Lac ? Dites ! »

Par ces paroles elle confirma les pensées de Lucifer qui réfléchit en vitesse à plusieurs raisons de sa présence, puis se décida pour l'une d'elle, se penchant légèrement en avant, surplombant l'enfant affamée de toute sa hauteur, un doux sourire aux lèvres.

« Je suis venu ici il y a quelques années alors que je n'étais que jeune homme et je viens juste rendre visite à des amis. J'ai demandé à l'évêque actuel de m'héberger. »


Cette excuse lui paraissait assez crédible pour le moment. Il poursuivit cependant.

« Comme je ne trouvais pas le sommeil j'ai choisi de trouver le calme dans les bras de Dieu. Mais tu m'as l'air morte de faim. Attends-moi, je reviens. »

Il s'éloigna rapidement et, prenant bien garde à ne pas passer à travers la porte (de « service ») mais à l'ouvrir, il s'en fut quérir quelque chose à manger chez l'épicerie du coin où il se faufila à travers le mur. Quelques minutes plus tard il revint par le chemin par lequel il était parti, un pain d'épices à la main. Il s'agenouilla devant la jeune fille, toujours matériel, cassa un morceau de la confiserie et l'apporta devant la bouche de la jeune fille, lui enjoignant du regard à ouvrir la bouche afin qu'il la nourrisse...

[Désolée du retard -.-]
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MessageSujet: Re: Sans refuge, sans repères   Mer 9 Juil - 15:01

[ Pas grave ! u__u ]

Lulubeth continuait de fixer d’un air plein de soupçons son interlocuteur. Ses excuses suffirent à baisser la garde de la petite fille, mais cela ne suffisait pas pour la mettre en confiance. Il fallait quelque chose de plus, et peut-être que l’interlocuteur que voilà avait trouvé la solution à ce problème. Après avoir donné de plus amples explications à Lulubeth sur sa présence au village, il s’en alla chercher de quoi la ravitailler. Ainsi, il avait donc saisi sa détresse, et profita de cela pour s’en aller chercher un bon et gros morceau de pains d’épices, que Lulu s’empressa de zyeuter, de renifler, pendant que l’inconnu le lui tendait. De son regard, il lui sommait d’ouvrir la bouche pour qu’il puisse le nourrir, et sans doute était-ce la meilleure manière d’amadouer cet enfant. Un véritable ventre sur pattes qui ne se doutait pas des complots qui se tramaient autour de lui. Elle vivait au gré de ses envies et de sa misère, continuant de voir le positif là où elle était en mesure de l’accepter avec réalisme, sans risquer de tomber dans la désillusion. C’était la moindre des choses après tout, et puis elle n’avait pas eu une vie facile à l’origine. Mais elle avait encore tous les âges devant elle pour se rattraper, et un ravissant monsieur venait de lui offrir un bon pain d’épice. Que demander de plus, si ce n’était un gros câlin et une berceuse avant de s’assoupir, comme ses parents quand tout était encore rose ?!

« Hmm ! Merci m’sieur ! C'est rare que l'on me donne à manger de si bon coeur! ♥ »

Elle acheva d’engloutir le pain d’épices en un temps record. En mois d’une minute, la gâterie que voici était déjà dans le ventre de la demoiselle. Si elle n’avait pas été bien éduquée, elle en aurait demandé un second morceau au monsieur, mais elle ne voulait pas l’embarrasser avec de telles futilités. Après tout, elle n’était pas une vorace, quoique la faim la rongeait depuis des heures maintenant. Cette petite gourmandise suffirait à la calmer, mais pour combien de temps ? Son estomac était plutôt coriace lorsqu’il était en manque, et Lulubeth ne manquait pas de le rappeler à ceux qui se retrouvaient avec des baguettes de pain en moins, ou des pains au chocolat volatilisés dans leur boulangerie ou leur pâtisserie. Ou quand ce n’était pas la nourriture, c’était du matériel de couture, en particulier du fil marron clair et une aiguille à coudre qui réapparaissaient subitement, après que Lulu n’ai raccommodé sa peluche. Spinel vieillissait et se fragilisait avec le temps. Elle avait envie de faire partager cette connaissance avec l’interlocuteur que voici.

« Regardez, lui c’est Spinel. Il sait tout, et moi aussi je sais ! Mais il le dit pour moi car lui, il ne craint rien. Je n’ai qu’à le raccommoder avec du fil et une aiguille quand il a mal et qu’il perd son rembourrage ! »

Cette peluche remplie de souvenirs était aussi celle présente le soir du meurtre de ses parents, commandé par un esprit dont elle ne parvenait pas à se souvenir l’imposante présence. Elle se doutait bien qu’elle avait été possédée, mais elle refusait d’admettre sa fragilité face aux esprits. Elle pouvait les sentir, mais tout dépendait de leur forme. Peut-être que ce monsieur que voici en était un ? Mais elle ne sentait rien de néfaste chez lui, hormis l’odeur du pain d’épices qui imprégnait maintenant ses doigts. Elle s’en lécha les babines rien que d’y repenser.
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