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 Balade dans un cimtière, au crépuscule...

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MessageSujet: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Mar 22 Juil - 15:42

[... romantique le titre n'est-ce pas ? *SBAFF*]

Le crépuscule menaçait le petit village de Saint Thomas de ses braises d’un rouge ardent, signifiant pour certains que le beau temps sera au rendez vous le lendemain, et pour d’autres qu’il y aura une guerre. Les uns comme les autres, ils étaient dans le tort, car le lendemain il pleuvait énormément, et aucune guerre n’était prévue. Mais nous ne sommes pas au lendemain, restons le jour même. En fin de journée donc. Une jeune femme albinos serrait dans sa main une pierre qu’elle regardait fréquemment. A vrai dire, si l’on avait pu voir son regard absorbé dans des pensées dont nul ne connaît la nature, on saurait qu’elle se moquait pas mal de la pierre. La jeune scientifique était assez pratique. Elle recherchait des informations sur l’histoire de Saint Thomas, espérant savoir depuis quand exactement on se plaignait des fantômes. Mais on lui avait refusé l’entrée à la bibliothèque de l’église, car le prêtre n’était pas encore là. Elle avait alors haussé les épaules, jurant de revenir plus tard. Ce plus tard est notre présent. La jeune albinos cassa une main dans ses cheveux coupés courts. Elle abordait cette coupe à la garçonne beaucoup plus pratique selon elle. Sa main blanche lâcha la pierre. Celle-ci tomba dans un bruit sourd sur le sol caillouteux, roula sur quelques centimètres avant de s’immobiliser au milieu de ses congénères. A vrai dire, Rebecca se moquait complètement du devenir du caillou. Rebecca avait une particularité : ne plus rien se souvenir d’elle-même. Elle était complètement amnésique, et aimait l’histoire car elle souhaitait retrouver son passé. Pourtant, elle avait une excellente mémoire. Mis à part qu’elle ne se souvenait de rien avant des dix ans, elle retenait pour ainsi dire tout ce qu’elle lisait ou dont on lui parlait.
Les pas de la jeune femme la guidaient derrière l’église, le cimetière. Il y régnait un froid assez... froid. Cette phrase est certes gratifiée d’un certain manque d’imagination, mais sincèrement, Rebecca trouvait cette expression conforme à la situation.

Les yeux de la jeune femme couraient sur les noms inscrits sur des pierres grises, voire noires. Des noms inconnus d’elle, des gens qui avaient vécu ici, à Saint Thomas. Elle approcha d’une tombe. Sa main blanche comme la surface de la Lune effleura la roche. La mousse glissait sous ses doigts. Un nom. Il était à peine déchiffrable. Rebecca se redressa. Elle fit encore quelques pas. Plus elle s’éloignait, plus les morts dataient. C’était assez étrange. Le contraire aurait été plus... logique. Elle haussa les épaules. Depuis qu’elle était à Saint Thomas, sa logique était soumise à de dures épreuves. Rebecca remarqua un endroit un peu à l’écart des autres. Là y étaient enterrés les prêtres, les évêques, enfin, les membres de l’Eglise. Même chose, ses doigts effleuraient la pierre des tombes. Certaines étaient dans un état pitoyable que Rebecca adorait. La jeune femme détestait les cimetières. Comment trouver la Paradis si l’on avait une pierre immense sur la tête ? Pour elle, les tombes à moitié détruites, jouant avec les herbes sauvages étaient pleines d’une plus grande grâce que les sinistres tombeaux des riches.

« Que faites vous ici ? »

La jeune femme sursauta. Elle avait entendu quelqu’un. Un murmure. Mais il n’y avait personne ! Un chat noir comme la suie courut vers les tombes les plus anciennes, les dépassa, sans la regardait. Comme s’il fuyait. Rebecca se tendit. Elle ne croyait pas à la superstition ! Pour elle, la religion entière n’était que superstition. Elle n’y avait jamais cru. Sans doute était ce le vent qui lui jouait des tours. Entre les pierres tombales, serrées, il ne pouvait passer sans siffler. Sans doute avait elle laissé des frissons enfantins prendre possession d’elle, jouissant du plaisir d’être dans un cimetière, endroit où l’on peut jouer à se faire peur.

De manière logique et sensée, qu’est-ce qui peut bien m’arriver ? ce n’est pas parce qu’il y a un chat noir qui est passé, que je suis dans un cimetière, qu’il fait sombre... ce n’est pas pour tout ça que les fantômes existent ! Ce n’est qu’une invention à laquelle les gens croient, parce que l’Eglise leur dit de croire ! Pourquoi les morts reviendraient ils hanter les vivants quand on se souvient d’eux et les oublieraient ils ensuite ? C’est absurde ! Les gens prient pour que quelques proches, récemment décédés ne les hantent pas. Mais les ancêtres ? Ne peuvent ils dans ce cas nous hanter ? Quelle absurdité d’inventer de telles idioties !

« Que faites vous ici ? »

Encore ! Un même murmure.
Rebecca !
La jeune femme fronça les sourcils. Quelle honte que d’avoir peur. Le Soleil disparaissait au loin. Les arbres se découpaient dangereusement sur les pierres. Formant des lignes sinueuses sur la roche. Des lignes noires... sur un fond ardent. Rebecca frissonna. Cette peur était absurde. Il n’y avait pas la place pour l’absurdité dans le cœur d’une scientifique ! Il ne devait pas y avoir sa place. Devait. La jeune femme se surprit à trembloter.
Tu as peur pauvre gourde ? C’est stupide ! Illogique !
Elle secoua ses mèches blanches. Refoula sa peur. Rebecca avait toujours eu une grande maîtrise d’elle-même. Elle se dirigeait peu à peu vers la sortie. Elle devait voir le prêtre. Lui avait certainement des archives qu’elle pourrait consulter. Elle aimait consulter les archives. Ainsi que les bibliothèques. Hors mis les livres de religion, certains religieux conservaient des écrits scientifiques, tant qu’ils n’allaient pas à l’encontre de l’Eglise.

Le pied de la jeune femme roula sur un caillou mal placé. Elle réussit à ne pas se faire d’entorse, mais tomba néanmoins au sol. Marmonnant quelques propos incorrects à reporter ici, Rebecca se releva tant bien que mal. Le Soleil disparut.
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Jeu 7 Aoû - 18:55

[petit précision, je ne suis pas cannibale hein, vous pouvez me répondre ! Very Happy ]
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Pryde
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Dim 17 Aoû - 0:07

[Autorisation spéciale de RP par Killian, fiche à venir x)]


Le jeune homme l’observait depuis plusieurs minutes déjà, d’un air amusé. Au premier abord, on aurait pu la confondre avec un homme à cause de ses cheveux courts. Nulle femme ne portait les cheveux courts, à moins d’y avoir été contrainte, et dans ce cas elles mettaient une coiffe pour les cacher. Mais sa silhouette fine et gracieuse ainsi que sa poitrine prouvaient qu’il ne s’agissait pas là de quelque damoiseau. Une petite rebelle de la société, sans doute. Ces cas-là étaient bien plus intéressants que les femmes entièrement dociles et soumises, esclaves de maris bien plus vieux qu’eux, et tout juste bonnes à enfanter.
Un autre point l’avait intrigué : cette peau si pâle, et les cheveux blancs. Un teint blafard comme celui-ci, pouvait-elle être… une élue de son Dieu? Ou au contraire, une déchue, rejetée, différente des autres…

Il pouvait être intéressant d’aller voir cela de plus près. Jouer un peu avec, peut-être. Et, pourquoi ne pas… l’ajouter à sa collection? De nombreuses cages vides n’attendaient que de nouveaux spécimens originaux en tous genres.
Pryde sauta du toit où il était installé, atterrissant souplement quelques mètres plus bas. Elle ne l’avait pas vu. Paré de son assurance et de son calme habituels, il franchit le petit portail du cimetière, lorsque soudain retentit la voix sépulcrale. Tiens tiens, il avait été devancé… la jeune fille sembla s’inquiéter un instant. Les humains ne sont jamais à l’aise avec leurs morts. Elle était touchante, ainsi, son fin visage troublé par une alerte mettant en doute son imagination. Non, tu n’as pas rêvé petite, quelqu’un vient de t’adresser la parole. Cette voix semblable au murmure du vent, à un frisson d’entre les tombes, au chuchotis des ombres du soir, elle existe bel et bien.

Pryde, caché derrière un petit monument qui abritait toute une génération de bourgeois, la vit saisie par ce qui ressemblait à une peur plus ou moins contrôlée. Hm, bien jeune, et se promenant seule? N’était-elle point encore mariée?
C’est alors que, revenant vers la sortie du cimetière –et vers lui par la même occasion- elle trébucha sur une pierre, s’effondrant sans douceur sur les pavés. Le jeune homme aux cheveux sombres en profita pour se placer derrière une pierre tombale, et appuyer ses bras croisés sur le dessus.


-Elle est venue se recueillir, sans vouloir troubler le repos des défunts. Soyez en paix.

C’était sa voix grave qui avait résonné solennellement dans l’obscurité croissante. Maintenant que le soleil s’était couché, elle ne pouvait voir de lui qu’une silhouette masculine aux longs cheveux noirs, et aux yeux rouges qui luisaient légèrement. Il songea qu’il était peut-être effrayant. Avait-il l’air humain? Il choisit de ne pas afficher de sourire pour le moment, au cas où elle lui trouverait un air sadique. Décidément, il pensait beaucoup.

-Êtes-vous blessée?

Son regard curieux se posa sur elle, pour l’examiner de haut en bas. Moins d’une vingtaine d’années, très bien faite. Peut-être un peu trop frêle pour mettre bas. Jolie, enfantine, délicieusement blanche, comme saupoudrée de sucre glace. Elle lui plaisait bien.
Il n’avait pas été pris par la galanterie de l’aider à se relever. Non, il restait juste là, installé contre cette sépulture, à la regarder sans hostilité aucune. Juste de la curiosité. Dans son monde, chacun devait se relever de lui-même en cas de chute. Soit tu te relèves, soit tu meurs. La dure loi de la survie.
Il détourna quelques instants son regard écarlate de la demoiselle, pour sonder l’obscurité. Pas de trace de l’esprit, qui avait dû retourner faire un petit somme dans son cercueil. C’était préférable, car les fantômes avaient certaines capacités à repérer qui était humain de qui ne l’était pas. Et si l’esprit s’était avisé de mettre en garde l’albinos de sa vraie nature, ça aurait pu compliquer leurs échanges.


-Mon nom est Pryde, enchanté.
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Mer 27 Aoû - 18:35

[Merci d’avoir répondu ^^ ]

Rebecca marmonna dans l’obscurité du début d’une nuit avec pour seule lumière un mince croissant de lune que les nuages se vantaient de cacher à moitié. La jeune fille ne voyait plus rien. Le village s’appelait Saint Thomas non ? Eh bien, fidèle à ce principe depuis une minute, elle accordait bien volontiers qu’ elle ne pouvait croire que ce qu’elle voyait, donc, puisqu’elle n’y voyait plus guère, elle ne devait pas croire à ce que sa peur pourrait inventer. De là, si on en croyait ce précepte, la voix sépulcrale qui lui parlait tantôt n’était que le fruit de son imagination se vengeant de la scientifique. Un sourire illumina un instant le visage blanc – la seule chose qui ressortait vraiment dans la nuit – car elle avait trouvé une explication logique à laquelle elle pourrait se tenir, et qui limiterait sa peur.


« Elle est venue se recueillir, sans vouloir troubler le repos des défunts. Soyez en paix. »

Magnifique phrase. Très solennelle. Mais qui ne convenait absolument pas à la situation. Rebecca venait de se flanquer par terre à cause d’une pierre instable, il n’y avait là rien de semblable à un recueillement. La voix pensait elle peut être au fait qu’elle fût dans un cimetière ? Peut être, mais là encore, c’était faux. Rebecca n’était ni religieuse ni croyante. Elle était historienne. Sa curiosité naturelle l’avait obligée à venir inspecter les tombes, non pour retrouver quelconque parents qu’elle ne peut avoir ici, mais plutôt pour voir jusqu’à quelle époque remontait le village, du moins au point de vue des enterrés chrétiens.

Ce n’est qu’à ce niveau de la réflexion que Rebecca prit réellement en compte que la voix qu’elle venait d’entendre n’avait rien avoir avec celle entendue plus tôt. Alors le visage pâle de l’albinos pâlit d’avantage. Quelqu’un était là ? Elle ne voyait personne. Rebecca secoua ses mèches décolorées. Elle ne devait se fier qu’à ce qu’elle voyait non ? Elle l’avait pensé tout à l’heure ! Elle ne voyait personne ! Donc c’était que personne ne devait être là. Encore un tour d’une imagination très inventive. Mais tout de même, cela paraissait suspect à l’historienne. Pourquoi son imagination dirait quelque chose d’aussi... improbable ? déplacé ? inconvenable à la situation ? Rebecca ne savait quel mot choisir. Peut être alors que la voix était réellement. Rebecca plissa ses yeux en amande, essayant de voir quelque chose dans le noir inquiétant. La voix était grave, posée. Presque douce. Très solennelle. Quelque chose bougea, près d’elle. Elle retint un hoquet de stupeur. Une haute silhouette noire se détachait mal du reste de l’obscurité. Mais Rebecca ne pouvait ignorer la paire d’yeux rouges qui luisait tranquillement. Elle frémit.
L’homme... ou la créature ? Rebecca ne savait pas trop. En tout cas, l’homme – on dira que c’est un homme, plus facile à avaler pour une scientifique. C’était un homme plutôt grand manifestement. – avait un air légèrement menaçant. Et ses yeux rouge brillant n’arrangeaient pas son portrait. Elle ne voyait rien d’autre de lui.


« Êtes-vous blessée ? »

Rebecca ouvrit la bouche pour répondre par la négative. Mais aucun son n’en sortit. Les deux yeux rouges se faisaient inquisiteurs. L’gomme la reluquait ! Comment pouvait il la voir, Rebecca n’en savait rien, mais elle voyait facilement les yeux rouges parcourir de haut en bas sa silhouette, d’un air critique qui eut le don d’énerver la jeune albinos. Il lui donnait l’impression d’être un chou chantilly devant une gamine gourmande. Elle frémit à nouveau. Qui était cet homme ? Un fou ? Un voleur ? Un assassin ? Les entrailles de la scientifique se serrèrent sous l’effet de la peur. Elle voyait déjà la plaque de la pierre tombale : « Ci gît Rebecca de nom inconnu morte à l’âge précoce de dix-huit ans. » Elle entendait la voix grave et solennelle, exactement la même que celle qu’elle venait d’entendre déclamer un discours de prêtre imaginé : « Ainsi notre chère Rebecca nous quitta, assassinée lâchement dans un cimetière, et ce, à un âge inférieur à vingt ans, ne connaissait alors rien de son passé que la malheureuse amnésique ne put rétablir. Paix à son âme. Amen. Je vous prierai chère audience de vous reporter sur ce fait étrange. Elle a été tuée dans un cimetière, n’est-ce pas inconcevable ? Même les pires truands non pas de respect pour la religion, qu’ils grillent en enfer ! que la Diable... » Et etc... et ceci devant une audience si peu nombreuse qui était plus venue pour entendre le prêtre parler de ce sacrilège plus que pour pleurer sur la disparition de Rebecca.
Déjà, la jeune albinos se faisait le récit complet de sa mort et de la suite. Ce n’est alors que son esprit embrumé par une peur involontaire se rendit compte qu’un assassin ne demanderait pas si elle s’était blessée en tombant. Ou alors un assassin vraiment poli ce qui n’était d’ordinaire pas le cas. Dès lors, Rebecca fut nettement plus rassurée. L’autre vois lui avait fait un tel effet qu’elle en avait presque oublié la première. Mais sa venue initiale ici la ramena sur terre. Bien qu’elle n’ait jamais imaginé qu’il puisse avoir des yeux rouges, c’était peut être le prêtre qu’elle attendait. Elle ouvrit à nouveau la bouche pour le lui demander quand il se présenta.


« Mon nom est Pryde, enchanté. »

Rebecca ravala sa question. Ce n’était pas un nom de prêtre. Son cœur s’emballa à nouveau. Quel drôle de nom... Mais jugeant son silence trop long, elle prit la parole, ne voulant paraître impolie, bien qu’elle s’en fichât généralement.

« Je vais bien, merci. Enchantée de faire votre connaissance, monsieur Pryde. Que faites vous ici ? »

Elle se mordit la lèvre. Allons bon, c’était elle qui posait les questions ? Elle n’avait pas plus de raison d’être ici que lui. Mais sa curiosité était toujours aussi grande, elle avait dit ça presque naturellement. Elle ne s’était pas présentée, certes, mais elle ne voulait pas décliner son prénom pour un inconnu. La prudence, elle en connaissait la définition. Sa gêne ne la fit pas rougir, ce qui signifiait qu’elle se rattrapait pour être polie, pas parce qu’elle était réellement gênée. Il n’avait même pas eu la galanterie de l’aider à se relever, elle ne voyait pas pourquoi elle rougirait de sa bévue.

« Excusez mon indiscrétion. Je ne m’attendais pas à rencontrer quelqu’un ce soir en ces lieux. »
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Pryde
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Sam 6 Sep - 11:31

[M'fait plaisir <3]

La manière de penser de Pryde n'était pas humaine. Bien sûr qu'il était un fou, un voleur et un assassin, mais simplement d'un point de vue humain. Lui se trouvait parfaitement normal. Il y avaient des formes d'intelligence qui différaient grandement de celles connues. Ca n'était pas plus, ni moins, c'était simplement différent. La part animale qui sommeillait en chacun influençait aussi le raisonnement. Un prédateur trouvait-il cruel de tuer pour survivre? Pryde qui ne cessait d'observer la demoiselle se demanda quel était le degré de bestialité de cette pauvre petite chose fragile, tel un oiseau tombé de son nid. Mais elle était humaine, cela se sentait. Un peu trop blanche, mais bien humaine. Le jeune homme sentait aussi l'odeur de la peur. L'avait-il effarouchée?

Il laissa échapper un gloussement, en l'entendant l'affubler de ce titre ridicule, auquel étaient certainement habitués ces drôles de bipèdes. Cela ne faisait que quelques semaines qu'il errait chez eux, mais il était encore surpris par leurs coutumes étranges. Il ne répondit pas tout de suite. Il la regardait juste, laissant ses yeux rouges se promener sur son corps. Que cachaient ces vêtements si désespérément opaques? Il aurait voulu la voir nue. Pulsions lubriques d'un mâle en chaleur? Non, bien sûr que non. C'était simplement de la curiosité. Cette fois encore il n'y avait rien de malsain ou de graveleux. Son anatomie était-elle partout aussi virginale? Peut-être aurait-il le loisir de le découvrir, lorsqu'elle serait intégrée à sa collection...
Après quelques instants de silence, il finit par déclarer, sans vraiment répondre à la question de son interlocutrice:


-J'ai entendu dire que dans ce village, les rues n'étaient pas sûres la nuit...

Comme si... il était intéressé par ces choses dont on parlait si souvent à voix basse, en se protégeant de signes de croix? Intéressé par ces choses épouvantables qui marquaient à vie ceux qu'ils rencontraient, qui semaient le mal autour d'eux et revenaient d'entre les morts pour tourmenter les villageois?
Pour l'instant, il avait déjà trouvé de quoi s'occuper. Toujours appuyé sur la tombe, il n'avait pas bougé d'un poil, observant avec intérêt celle qui trônerait au milieu de tous ses autres êtres bizarres et étranges, dans l'espèce de zoo qu'il avait chez lui. Il serait bénéfique d'en savoir plus. C'est toujours bien de connaître les humains de compagnie.


-Si vous ne m'aviez pas rencontré, vous seriez certainement aux prises avec l'esprit de tout à l'heure. Mieux vaut leur parler que s'enfuir, vous savez.

Pryde pencha légèrement la tête sur le côté, à la manière d'un animal curieux. Il avait un côté sauvage qui pouvait en troubler plus d'un. Alors il s'autorisa un sourire amical. Elle allait finir par avoir peur de lui, et il ne se sentait pas l'envie de lui courir après à travers tout Saint-Thomas. Et puis c'était toujours mieux quand ça coopérait, n'est-ce pas?
Ses yeux de sang se levèrent pour regarder le ciel, et les ténèbres croissantes qui envahissaient peu à peu les lieux. Il ne faudrait pas trop tarder, d'autres allaient finir par lui voler sa proie.


-Vous devriez vous relever.

Le jeune homme ne manifesta pas plus de galanterie. Son visage semblait grave à présent. Il se redressa, soulevant ses bras de la pierre froide, et alla se placer dans l'allée principale du cimetière. Sa démarche était vive et assurée. Tout de noir vêtu, on aurait dit un félin gracieux, imprévisible, et dont on n'oserait jamais mesurer le danger qu'il pouvait représenter. Il ajusta les pans de sa cape, sans pourtant ressentir le froid qui s'appesentissait en ces lieux, et qui n'était pas entièrement dû à l'approche de l'hiver.


Il attendait, sa beauté d'indomptable figée dans un masque encorceleur, qu'elle vienne à lui.
Le blanc et le noir. Entre elle et la sortie.
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Dim 7 Sep - 16:47


Rebecca avait la curieuse et très désagréable impression qu’il n’avait pas écouté ce qu’elle lui avait dit. Cela eut pour effet de laisser la colère l’envahir à la place de la peur. Une sentiment beaucoup plus réchauffant. Elle serra ses petits poings. Déjà son silence était assez long. Mais ses yeux... ses yeux rouges vis qui lui donnaient l’impression d’être traversée par un violent et froid blizzard refroidissaient sa colère, ce qui embêtait la jeune fille. L’albinos trouvait le regard de Pryde anormalement peu humain. Pourtant, c’était un homme n’est-ce pas ? Un homme scientifiquement fait comme les autres ? N’est-ce pas ?

« J'ai entendu dire que dans ce village, les rues n'étaient pas sûres la nuit... »

Rebecca eut un léger frisson. Que voulait il dire exactement. L’historienne, scientifique et alchimiste dont l’imagination débordante reprit le fil de son histoire à son grand désespoir intérieur, vit distinctement le discours du prêtre indigné de voir une albinos, donc une anormale se faire assassiner dans son cimetière. Elle voyait nettement les visages des villageois l’approuver dans un regard. Rebecca secoua la tête.


« Merci d’avoir répondu à ma question. »

Sa peur refoulée, elle avait prononcé ces mots sur un ton froid et sec qui ne lui allait pas vraiment. Elle se moquait complètement de ce qu’il pensait ! Si elles n’étaient pas sûres, c’était pareil pour lui, non ? Certes, elle était une fille. Pourtant l’instant, elle avait plus l’impression d’être un animal de zoo. Mais lui n’avait pas du tout l’allure d’un gamin lançant des cacahuètes ! Puis Rebecca plissa les yeux. Et s’il lui disait ça... pour lui faire comprendre qu’il allait la punir de ça, en la tuant... peut être en la violant avant... et elle mourrait tout de même dans ce cimetière et la prêtre l’oublierait et le sculpteur ne mettrait pas son nom, elle serait oubliée ! Rebecca secoua la tête. Quelles pensées stupides...

«Si vous ne m'aviez pas rencontré, vous seriez certainement aux prises avec l'esprit de tout à l'heure. Mieux vaut leur parler que s'enfuir, vous savez. »

Cette déclaration affirma à Rebecca qu’il était fou. Il parlait d’esprits ! D’ESPRITS ! Soit il était fou, soit trop religieux. Les esprits ne prennent pas d’humains, c’était absurde ! Oh et puis nous n’étions pas le jour des morts ! Rebecca secoua la tête. Elle allait lui répondre qu’elle n’était pas croyante, qu’elle ne croyait pas à ces foutaises. Tout à l’heure, il n’y avait pas d’esprit. Juste le vent qu’elle s’imaginait parler. Il n’y avait pas d’esprit... Pourtant... Comment aurait il pu entendre le vent lui dire des mots lui aussi... Ca n’était pas impossible, certes, mais ça semblait si étrange aux yeux de la jeune albinos. Pryde était vraiment un être étrange.
Un nuage libéra un rayon de lune qui illumina le visage sombrement magnifique de l’homme, lequel souriait presque gentiment. Mais comme à un animal. Rebecca frémit à nouveau. Sa colère était douchée. A sa grande inquiétude d’ailleurs. Être en colère était souvent bénéfique. Mais là, Pryde l’inquiétait trop. Elle ferma les yeux un court instant essayant de rassembler ses idées. Elle n‘avait aucune raison logique d’avoir peur.
Puis le temps ne joua pas en sa faveur. Les ténèbres se firent croissantes. Si peu de lumière.

« Vous devriez vous relever. »


Effectivement, elle ne s’était juste que redressée. La jeune femme obéit sans le vouloir au sens strict du terme, et fit quelques pas. Elle voulait sortir du cimetière maintenant, cette mascarade ne lui plaisait pas du tout. Alors, l’homme se déplaça. Rebecca fut stupéfaite de constater que sa démarche avait tout du félin. Elle le voyait presque se lécher les babines. C’était assez perturbant.
Le temps se faisait plus froid tout à coup. Rebecca frissonna, mais cette fois parce qu’elle n’était vraiment pas assez couverte. Elle ne pensait, à vrai dire, pas rester jusqu’aussi tard ce soir. Elle frotta ses bras essayant de calmer ses frissons. Elle voulait partir, rentrer chez elle. Mais il était entre la sortie et elle. Grand. Elle s’approcha de lui.


« Je dois partir, vous me laissez passez s’il vous plaît. »

Le ton était doux, mais n’admettait pas de refus. Elle avait froid, anormalement froid, pour un soir d’automne. Voyant qu’il ne bougeait pas, elle s’approcha davantage, et posa sa main blanche se le bras de Pryde, y exerçant une légère pression, lui demandant de se pousser.
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Pryde
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MessageSujet: Re: Balade dans un cimtière, au crépuscule...   Dim 14 Sep - 12:45

Pryde parut étonné de cette phrase. Elle avait fini par se relever, et se trouvait maintenant devant lui. Mais le plus curieux -ou amusant- était qu'elle lui demandait de la laisser s'en aller. Il était tellement grand face à elle. Tellement fort. Tellement différent. Elle semblait avoir compris qu'il n'avait pas l'intention de laisser un si beau spécimen errer en toute liberté, dans ce village d'humains stupides pour la plupart. Ils risqueraient de l'abîmer. Et le prédateur ne voulait pas qu'on l'abîme, non, c'était une pièce bien trop parfaite.

-Quelle drôle d'idée. Pourquoi partir?

Ca n'était pas une menace voilée, mais une invitation. Il eut un sourire encourageant. Non, il n'a pas l'air d'un violeur psychopathe sadique, tu te fais des idées, chérie. Parfois, c'était dur d'être un monstre. Une mèche de cheveux carmins lui tomba devant les yeux; il la replaça derrière son oreille d'un geste nonchalant. Il vit qu'elle avait froid. Elle serait vraiment bien au manoir. Elle pourrait se rouler en boule au chaud devant la cheminée, sur un coussin, et ronronner gentiment.

L'homme la regarda un bon moment, sans se décaler d'un seul millimètre. Alors, sans plus de cérémonie, il l'attrapa par la taille avec délicatesse, et la chargea sur son épaule comme on le ferait avec un sac. Une main sur le bas du dos pour la tenir en place, il fit demi tour sur l'allée du cimetière. Les jambes fuselées de sa captive pendaient contre son torse, ça n'était pas très pratique, mais tout le monde n'avait pas de pokeball, on faisait comme on pouvait... Elle aurait beau se débattre, essayer de le frapper ou de s'enfuir, ces tentatives étaient vouée à l'échec. Comment une si jolie et si frêle petite chose aurait-elle pu lui faire quoi que ce soit?

Il se demanda comment il allait l'appeler. Blanche-neige, Flocon...? Qu'est-ce qui pourrait convenir à une telle bestiole? Il se souvint soudain que les géniteurs des humains aimaient nommer leur progéniture, de façon étrange, et qui plus est ne voulait rien dire.


-Est-ce que vous avez déjà un nom?

C'était sur le ton banal de la conversation. Comme s'il n'y avait rien de plus banal que d'emporter des jeunes filles sur son épaule en sortant d'un cimetière. Ma foi.
Comme les serpents ténébreux de la nuit avaient envahi le village, la plupart ses habitants étaient rentrés chez eux, comme le leur indiquait le couvre-feu naturel. Mais c'était surtout la crainte de croiser quelque chose relevant du paranormal qui les cloîtrait tous dans leurs foyers respectifs. Ainsi, ils ne croisèrent qu'un ou deux passants pressés qui rasaient les murs. Il suffisait d'un regard écarlate pour les décourager, laissant Rebecca à son triste sort, plutôt que de s'approcher de cette drôle de silhouette noire à qui on préférait ne pas se frotter. Prudence étant devenue synonyme de survie: chacun pour soi, et le bon Dieu pour tous!

Pryde passa enfin la frontière de Saint Thomas, les limites du village, la fin de la civilisation. Ils traversèrent les champs, voyant au loin de la lumière aux fenêtres des chaumières. Peu à peu, elle allait quitter son monde pour entrer dans celui de Pryde, qui était en tous points différent...


-Il ne faut pas vous inquiéter, vous savez. Je n'ai jamais maltraité mes choses de compagnie.

Elle aurait droit à une grande cage, et, si elle se tenait tranquille, elle pourrait dormir sur le lit du Maître. Pryde se souciait beaucoup de la santé psychologique de ses hôtes. Il mettrait tout en oeuvre pour qu'elle se sente bien. Pendant qu'il réfléchissait, ils approchaient de la forêt...

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Balade dans un cimtière, au crépuscule...

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